Ce que raconte The Hunt, le film annulé par Universal et critiqué par Trump après les tueries

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Après les massacres du week-end dernier, la société de distribution a annoncé que son long-métrage violent, dans lequel des libéraux, victimes d’une chasse à courre dans un État républicain, se rebellent, ne sortira pas en salles en septembre comme prévu.

Universal change son fusil d’épaule. Après la polémique suscitée par le film The Hunt dans la foulée des tueries de Dayton et El Paso, la société de distribution a décidé d’annuler la sortie de sa satire sociale ultraviolente prévue pour septembre. La décision a été prise au lendemain d’une attaque de Donald Trump contre le long-métrage de Craig Zobel, satire sociale dépeignant des États-Unis dystopiques où les Américains organisent des chasses à courre avec des êtres humains pour gibier.

Samedi, Universal a publié un communiqué, précisant que ce n’était «pas la bonne période pour sortir ce film». Le message reste toutefois assez évasif pour suggérer que les salles de cinéma pourraient diffuser The Hunt à une date ultérieure.

Vendredi sur Twitter, Donald Trump a fustigé une œuvre faite, selon lui, pour «répandre le chaos» sans mentionner le titre du film. Il a également dénoncé le «racisme des libéraux d’Hollywood». Les premières images du film, dévoilées fin juillet, avaient embrasé les réseaux sociaux après les massacres commis par des suprémacistes blancs à Dayton et El Paso. La campagne de publicité de ce film, produit par le spécialiste de l’horreur Jason Blum déconseillé au moins de 17 ans avait alors été interrompue.

Une arme politique

Selon le synopsis, disponible sur l’Internet Movie DatabaseThe Hunt narre l’histoire de «douze personnes se réveillant dans une clairière sans savoir où elles sont, ni comment elles y sont arrivées, ignorant qu’elles ont été choisies pour servir de gibier»… Le film est produit par Blumhouse Productions, la société à l’origine notamment d’American Nightmare, satire où l’Amérique est parvenu à amoindrir son taux de chômage faible en autorisant le meurtre une nuit dans l’année.

 

 

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«Au lendemain des tueries d’El Paso et Dayton, n’importe quel film proposant le spectacle d’Américains s’adonnant à un rite consistant à ouvrir le feu sur d’autre américain, ressemble moins à une provocation qu’a un acte honteux d’insensibilité», a estimé un chroniqueur de Variety.

Sur le site spécialisé Slashfilm, le journaliste Ethan Anderson regrette quant à lui que The Huntsoit utilisé comme «une arme politique». Selon lui, le film est instrumentalisé de manière à «montrer que les libéraux veulent violenter les conservateurs». Comme le laissent à penser les premières informations et la bande-annonce, les personnes chassées (des supposés libéraux) rebattent rapidement les cartes et prennent à leur tour en chasse leurs traqueurs (supposés républicains). Selon le media américain, le personnage incarné par Betty Gilpin, l’une des douze personnes servant de gibier, «connaît le jeu de la chasse mieux que les chasseurs et inverse la tendance, se débarrassant un à un de ses ennemis, se frayant un chemin vers la mystérieuse femme aux commandes», jouée par l’actrice oscarisée Hilary Swank.

Interrogée sur les propos du président au Festival de Locarno, où elle a reçu un Léopard d’honneur, l’actrice a déclaré qu’il était important de «célébrer nos différences». «Mon désir de raconter certaines histoires a toujours été le même, peu importe qui était président, a-t-elle expliqué à Variety. Mes choix déterminent la personne que je suis et cela ne risque pas de changer… Je fais toujours des histoires sur les outsiders, et vous savez, je me range toujours du côté des droits de l’homme.»

● Regardez la bande-annonce en version originale de The Hunt: