Cap-vert: saisie d’une cargaison de 9,5 tonnes cocaïne qui devait transiter par le port de Tanger

Les 11 membres d’équipage russe d’un bateau sur lequel la police cap-verdienne a découvert jeudi une quantité record de 9,5 tonnes de cocaïne ont été placés en détention préventive jusqu’à la fin de l’enquête, a-t-on appris dimanche de sources judiciaires.

Les onze membres d’équipage du navire ESER, battant pavillon panaméen, ont été conduits samedi au Palais de justice de Praia, où au terme d’une journée d’interrogatoires un juge a décidé de leur maintien en détention préventive, selon les mêmes sources.

Ils ont fourni très peu d’informations lors de ces interrogatoires, a affirmé à l’AFP une source proche du dossier. « Face au silence de ces citoyens russes les autorités judiciaires cap-verdiennes ont décidé de les envoyer en détention préventive pendant la durée de l’enquête », selon la même source.

L’enquête devra notamment élucider la mort présumée à bord d’un des membres d’équipage, qui a contraint le cargo en provenance d’Amérique du Sud, à destination du port marocain de Tanger (nord), à faire escale au Cap-Vert, selon la police.

« Mais avant l’arrivée du bateau au port de Praia, la police était déjà en possession d’informations indiquant qu’il s’agissait d’un navire soupçonné de transporter une quantité indéterminée de stupéfiants », selon un communiqué de la police cap-verdienne vendredi.

Les 9,5 tonnes découvertes à bord ont été incinérées samedi dans la capitale.

Il s’agit de la plus importante saisie de drogue officiellement réalisée dans l’archipel, où la police avait découvert en octobre 2011 près d’1,5 tonne de cocaïne dans un immeuble de Praia, la capitale, lors d’une opération baptisée « Lancha Voadora » (« Hydravion »), voire de cocaïne sur le continent, selon des sources policières.

La saisie a été réalisée grâce à un échange d’informations entre la police cap-verdienne et le Centre maritime d’opérations antidrogue MAOC (MAOC-N, Maritime analysis and operation center – narcotics), à Lisbonne, selon la police.

Dans ses opérations de perquisition, de déchargement, d’emballage, de transport et de garde du produit saisi, la police a indiqué avoir bénéficié de la coopération et de l’aide technique des polices portugaise et française, ainsi que d’autres institutions cap-verdiennes, comme l’armée et la police maritime.

Archipel constitué de dix îles, le Cap-Vert fait partie des pays ouest-africains utilisés par les trafiquants comme points de transit de la drogue en provenance d’Amérique du Sud à destination de l’Europe.