Le Canada surpris par un afflux de demandeurs d’asile

339
©DR

 

Quelques dizaines de militaires s’activent à assembler des plateformes en bois à la frontière canado-américaine, au sud de Montréal, où un nouveau campement va accueillir une vague de migrants en provenance des Etats-Unis.   

Sur des terrains adjacents, des enfants courent entre les rangées de tentes couleur kaki déjà installées. Leurs parents, des demandeurs d’asile, attendent que les services frontaliers examinent leur dossier avant de pouvoir rejoindre l’un des centres d’hébergement temporaire de Montréal.

Comme chaque jour, des bus scolaires jaunes déposent des dizaines de personnes et leurs valises devant les bureaux des services frontaliers canadiens, à un jet de pierre de la frontière.

Ces migrants viennent d’être interpelés près d’une petite route sur la frontière, à quelques kilomètres du point d’entrée officiel au Canada de Saint-Bernard-de-Lacolle.

Les autorités sur place empêchent tout contact des médias avec les nouveaux arrivants.

La plupart sont d’origine haïtienne et fuient les Etats-Unis avant la perte prévue en fin d’année d’un statut de protection temporaire accordé à près de 60.000 Haïtiens après le séisme de 2010.

Leur nombre est en constante augmentation depuis le début de l’été. De 400 en mai, ils sont maintenant 3.800 depuis le début du mois d’août à avoir franchi la frontière à des points de passage non-officiels.

En vertu d’un accord canado-américain, les demandeurs d’asile doivent déposer leur demande dans leur pays d’arrivée. Mais cette règle ne s’applique pas à ceux réussissant à atteindre le Canada en évitant les postes-frontières.

Plus de 800 kilomètres de frontière entre la province francophone du Québec et les Etats-Unis ne sont « pas contrôlés », explique à l’AFP Camille Habel, porte-parole de la Gendarmerie royale du Canada.

Franchir la frontière en situation irrégulière, souvent dans des zones boisées, assure aux nouveaux arrivants que leur demande d’asile sera examinée.

Débordés par cette forte augmentation du nombre d’arrivants, les services frontaliers canadiens ont appelé l’armée en renfort la semaine dernière. Celle-ci a depuis érigé un, puis deux et finalement trois camps d’hébergement temporaire afin d’accueillir les centaines de demandeurs d’asile.