Brexit: les 3 scénarios probables après le sommet européen

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" AFP PHOTO / PRU "

La Première ministre britannique Theresa May a échoué à obtenir des dirigeants Européens réunis en sommet à Bruxelles les garanties qu’elle réclamait sur l’accord de Brexit en vue de surmonter l’hostilité de son Parlement.
Voici les différents scénarios qui se profilent désormais pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE) prévue le 29 mars 2019:
– Brexit ordonné
Le Royaume-Uni et l’UE ont conclu en novembre un accord organisant leur divorce après 45 ans de vie commune. Si le texte est voté au Parlement britannique, ce qui est loin d’être gagné, une sortie ordonnée s’ensuivra.
L’accord prévoit une période de transition post-Brexit jusqu’à fin 2020 pendant laquelle presque rien ne changera. Il règle aussi la question de la facture que devra régler Londres à l’UE pour honorer ses engagements et définit les droits des citoyens expatriés.
Mais le point le plus controversé concerne le « backstop », une disposition destinée à éviter le retour d’une frontière physique entre l’Irlande et la province britannique d’Irlande du Nord pour préserver l’accord de paix sur l’île.
Ce « filet de sécurité » prévoit la création d’un « territoire douanier unique » englobant l’UE et le Royaume-Uni, avec un alignement plus poussé pour l’Irlande du Nord, qui ne s’appliquerait qu’en cas d’échec des négociations à venir sur la future relation commerciale entre Londres et les 27. Inacceptable pour les Brexiters: cela risquerait de garder leur pays indéfiniment amarré à l’UE et l’empêcherait de retrouver sa liberté commerciale.Face à la probabilité d’un cuisant échec, Theresa May a repoussé à janvier le vote sur l’accord au Parlement britannique.
– Pas d’accord
Si le texte est rejeté par la chambre des Communes, le gouvernement aura 21 jours pour indiquer ce qu’il compte faire. Le principal risque est celui d’un Brexit sans accord, une hypothèse qui prend de plus en plus de consistance, et est particulièrement redoutée par les milieux économiques.
Cette situation plongerait le Royaume-Uni dans la crise, a prévenu la Banque d’Angleterre, avec un effondrement de la livre et une montée en flèche du chômage. Les relations économiques entre le Royaume-Uni et l’UE seraient alors régies par les règles de l’Organisation mondiale du commerce(OMC), et une multitude de contrôles douaniers et réglementaires devraient être mis en place en urgence.
Pénuries de médicaments, embouteillages monstres aux abords des ports, avions cloués au sol, perte de croissance… Ces perspectives sont balayées par certains députés de la majorité conservatrice pour qui « une absence d’accord vaut mieux qu’un mauvais accord ».
Sur le plan politique, le rejet de l’accord pourrait signer pour de bon la fin de Theresa May, acculée à la démission ou évincée par le déclenchement d’élections générales à la suite d’une motion de censure de l’opposition travailliste. La dirigeante a déjà indiqué qu’elle ne comptait pas mener la campagne des prochaines législatives, actuellement prévues en 2022.
– Pas de Brexit
Theresa May a toujours fermement rejeté la perspective d’un second référendum, souhaitée par bon nombre d’europhiles dans l’espoir qu’il inverse le résultat de la consultation du 23 juin 2016, qui avait adopté le Brexit avec 52% des voix.
Mais Le Labour a prévenu qu’au cas où de nouvelles élections ne seraient pas à l’agenda, il pourrait se positionner en faveur de l’organisation d’un tel scrutin, qui pourrait alors être soutenu par une majorité parlementaire hétéroclite. La mise en oeuvre d’un nouvelle consultation prendrait toutefois des mois et repousserait la date du divorce. Et rien ne dit qu’elle donnerait un résultat différent… Autre possibilité, même s’il elle semble très improbable en l’état: le Royaume-Uni peut renoncer unilatéralement à quitter le club européen, selon la justice européenne.