Brésil: nouvelles poursuites pour corruption contre l’ex président Lula

Un juge brésilien a accepté une nouvelle poursuite contre l’ex président Luiz Inácio Lula da Silva, emprisonné pour corruption depuis avril 2018, rapportent, jeudi, les médias locaux.

Le juge Vallisney de Oliveira du 10ème tribunal de première instance à Brasilia, a décidé d’accepter une plainte déposée par le bureau du procureur contre l’ex mandataire du Brésil, concernant le versement présumé de pots-de-vins par l’entreprise de BTP Odebrecht contre des faveurs politiques.

En plus de M. Lula, les anciens ministres Antonio Palocci (Finances et Maison civile) et Paulo Bernardo (communications) sont poursuivis dans cette affaire concernant de prétendus paiements illicites d’Odebrecht, impliquée dans un grand scandale de corruption découvert au sein de la société pétrolière nationale Petrobras.

Avec cette nouvelle affaire, l’ex président Lula (2003-2010) fait face à neuf procédures pénales, dont deux ont abouti à des condamnations pour corruption passive et de blanchiment d’argent.

Dans cette nouvelle affaire, le bureau du procureur soutient que Lula et les deux anciens ministres avaient accepté en 2010 des pots-de-vin d’un montant de 40 millions de dollars, en échange d’une augmentation de la ligne de crédit de la banque de développement brésilienne (BNDES) au profit d’Odebrecht.

Selon le parquet, cette somme aurait été mise à la disposition du Parti des travailleurs (PT) et du Parti progressiste (PP).

L’ex président Lula avait été condamné une première fois pour corruption en juillet 2017 par le juge Sergio Moro, aujourd’hui ministre de la Justice, dans le cadre d’une affaire d’un appartement de haut standing à Guaruja, une station balnéaire de l’Etat de Sao Paulo, qu’il aurait reçu de la part de l’entreprise de BTP OAS en échange de faveurs.

En janvier 2018, un tribunal de deuxième instance avait alourdi de neuf à douze ans et un mois de prison, la peine de M.Lula, avant que la Cour supérieure de justice (troisième instance) ne réduise cette peine à huit ans et dix mois de prison en avril dernier.

Suite à cette réduction de peine, la défense de l’ancien président avait demandé à la Cour supérieure de justice d’autoriser l’ex président à purger le reste de sa peine en régime semi-ouvert.

Cependant, M.Lula risque de ne pas bénéficier de cette mesure, étant donné qu’il avait écopé, en février dernier, d’une condamnation à 12 ans et 11 mois de prison pour avoir bénéficié de travaux d’une valeur de près d’un million de réais ( 271.000 dollars) dans une maison de campagne à Atibaia, dans l’Etat de Sao Paulo. Si cette peine est confirmée en appel M.Lula pourrait rester en prison.