Belgique: le gouvernement rompt avec l’organisme représentatif des musulmans

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Le ministre belge de la Justice Vincent Van Quickenborne. DR.

Le gouvernement belge a décidé de couper les ponts avec l’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB), principal organe représentatif de ce culte, accusé de manque de « transparence » et de « mauvaise gestion ».

Dans un communiqué publié jeudi, le ministre belge de la Justice, qui a compétence sur les cultes, dit avoir décidé de « retirer définitivement la reconnaissance de l’EMB », qui était l’interlocuteur officiel du gouvernement depuis 1996.

« Je n’ai encore jamais vu un tel amateurisme (…) La communauté musulmane mérite mieux », écrit le ministre libéral flamand, Vincent Van Quickenborne, reprochant à l’EMB d’être un organisme « peu transparent et peu démocratique ».

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« Malgré un conseil d’administration composé de 17 membres élus censés représenter les différents courants de la communauté musulmane, la gestion était de facto entre les mains de quelques individus », fait-il valoir.

Et « malgré les multiples promesses de l’EMB, il n’y a toujours aucune élection démocratique crédible en vue », poursuit Van Quickenborne.

Ce retrait de « reconnaissance » signifie que l’organisme, censé notamment former les imams et organiser l’enseignement islamique en Belgique, est privé pour de bon de sa subvention d’Etat (à hauteur d’environ 600.000 euros par an, ndlr). Elle n’avait déjà pas été versée en 2022, rappelle le ministre.

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Dans ce pays de 11,5 millions d’habitants, la communauté musulmane compte entre 600.000 et 800.000 membres, selon les sources.

L’Exécutif des musulmans de Belgique est dans le collimateur des autorités depuis plusieurs années, soupçonné d’être trop perméable aux influences de courants conservateurs de l’islam.

« Le rôle et l’efficacité de l’EMB posent question (…) le nombre d’imams reconnus (par les autorités) est bien trop limité », pointait déjà en 2018, sous la précédente majorité, le rapport de l’enquête parlementaire consécutive aux attentats jihadistes de mars 2016 à Bruxelles (32 morts).

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« Si l’on souhaite que la communauté musulmane soit mieux intégrée en Belgique, l’Exécutif doit devenir un partenaire privilégié des pouvoirs publics, ce qui suppose davantage de moyens, qui devront notamment être affectés à la prévention du radicalisme », soulignait le rapport.

« En échange, l’Exécutif doit s’engager à promouvoir exclusivement un islam respectueux de la Constitution et des valeurs et principes fondamentaux de la démocratie et à représenter au mieux l’ensemble de la communauté musulmane de Belgique ».

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