Barbara Bush, épouse puis mère de présidents des États-Unis, est décédée

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Née le 8 juin 1925, Barbara Bush, épouse de George H. W. Bush et mère de George W. Bush, s’est éteinte à l’âge de 92 ans. Souffrant depuis plusieurs années d’une maladie pulmonaire et cardiaque, elle avait décidé d’arrêter son traitement médical et de recourir aux soins palliatifs dimanche dernier.

Elle était «la grand-mère de l’Amérique» depuis plus de trente ans, un rôle endossé dès son arrivée à la Maison-Blanche au côté de George H. W. Bush en 1989. Barbara était à la dynastie républicaine des Bush ce qu’avait été Rose à celle des Kennedy, la matriarche – mais plus discrète, et plus aimée du grand public. Elle était aussi la seconde femme de l’histoire, après Abigail Adams (1764-1818), à avoir été l’épouse et la mère de présidents des États-Unis.
Barbara Bush s’est éteinte mardi soir 17 avril à Houston (Texas) à l’âge de 92 ans. Elle souffrait depuis plusieurs années d’une maladie pulmonaire et cardiaque. Dimanche, elle avait renoncé à tout nouveau traitement pour se contenter de soins palliatifs. Depuis, les messages d’affection affluaient de tous les États-Unis. Les hommages se sont également multipliés dès l’annonce de sa disparition. Elle sera enterrée au côté de sa fille Robin, morte à l’âge de 3 ans en 1953, dans le caveau familial qui jouxte la bibliothèque présidentielle de son mari à College Station, sur le campus de l’université A&M du Texas, à 150 km de Houston.
Barbara Bush avait connu George à l’âge de 16 ans, avant qu’il ne s’engage dans la Navy comme le plus jeune pilote de la guerre du Pacifique. Après qu’il a frôlé la mort lorsque son avion avait été abattu au milieu de l’océan, ils se marient en 1945. Soixante-treize ans plus tard, elle laisse un veuf de 93 ans à la santé très précaire. Leur dernière apparition publique remontait à février 2017 où, sortant l’un et l’autre de l’hôpital, ils avaient donné le coup d’envoi symbolique du Superbowl, la finale du championnat de football américain, sous les ovations du public. Elle laisse aussi cinq enfants, dix-sept petits-enfants et sept arrière-petits-enfants.
La chevelure de «Bar» comme la surnommaient ses proches, avait blanchi dès l’âge de 28 ans, quand sa fille Robin avait été emportée par une leucémie. Ses colliers de trois rangées de perles, destinés à «cacher les rides du cou», avaient lancé une mode – des répliques sont vendues 125 dollars dans la bibliothèque présidentielle du Texas.
Elle avait consacré une grande partie de sa vie à l’alphabétisation des familles déshéritées aux États-Unis, créant une fondation à cet effet. Elle avait levé un million de dollars pour cette cause en 1990 avec son «livre de Millie», une description de la Maison-Blanche vue par le chien du couple présidentiel. Elle avait aussi écrit ses «Mémoires» en 1994 et un ouvrage de «Réflexions» en 2003.
Barbara Bush avait effectué son premier voyage à l’étranger à presque 40 ans, en 1974, lorsque son mari était devenu ambassadeur en Chine. Elle s’était plongée dans la culture et l’apprentissage de la langue, mais à peine un an plus tard, la famille était rapatriée à Washington, où George prenait la tête de la CIA.
Lorsqu’il devint vice-président de Ronald Reagan en 1981, le couple parcourut des centaines de milliers de kilomètres à travers le monde et Barbara tissa des liens personnels avec de nombreux responsables étrangers. C’est aussi comme cela qu’elle contribua aux campagnes électorales de son mari, remplissant des «fiches» sur tous les gens qu’il rencontrait afin d’en garder la trace.
Cette femme de caractère, qui pouvait avoir la langue bien pendue en privé, avait un sens aigu de la réserve qu’elle jugeait correspondre au rôle de First Lady. «Je ne me mêle pas de ce qu’il fait dans le Bureau ovale, il ne se mêle pas de la façon dont je gère mon foyer», déclarait-elle. Voulant rompre avec cette approche décidément trop traditionnelle, la féministe Hillary Clinton avait cru pouvoir lâcher sur un ton condescendant en 1992: «Je suppose que j’aurais pu rester à la maison à faire des cookies…» Toutes les femmes au foyer des États-Unis s’étaient senties insultées. La cote d’amour de Barbara Bush était restée au plus haut pour les deux tiers des Américains.
«Elle était plus qu’une matriarche, a confié au New York Times Andrew Card, qui fut ministres des transports de Bush père et chief of staff de Bush fils. Elle était la conscience de son mari et de ses enfants ainsi que de tous ceux qui ont eu la chance de la côtoyer. Elle était un pourvoyeur sans fard de la vérité et motivait chacun à donner son meilleur. Elle était aussi une force d’amour contagieuse.»