Avion détourné : Paris suggère une interdiction de l’espace aérien biélorusse

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La France a suggéré lundi une « interdiction de l’espace aérien » de la Biélorussie après le détournement par ce pays d’un avion de ligne à bord du quel se trouvait un opposant biélorusse qui a été arrêté à son arrivée à Minsk.

Les chefs d’État et de gouvernement de l’UE doivent examiner lundi soir de nouvelles sanctions contre le régime autoritaire de Minsk en réaction à ce détournement. Une centaine de responsables biélorusses, dont le président Alexandre Loukachenko, sont déjà sous sanctions européennes en raison des atteintes aux droits de l’Homme dans cette ex-république soviétique.

« Il pourrait y avoir aussi d’autres mesures (…) Je pense à une mesure qui doit se discuter au niveau européen et international, c’est l’interdiction de l’espace aérien biélorusse, qui est une mesure de sanctions », a déclaré le secrétaire d’État français aux Affaires européennes Clément Beaune sur la radio RMC.

« Je souhaite qu’on le regarde le plus rapidement possible et je pense que ce serait une des mesures raisonnables pour nous protéger », a-t-il dit.

« On a mis en danger la vie de ressortissants européens, au-delà de cet opposant », a-t-il ajouté en rappelant que l’avion ralliait deux capitales européennes, Athènes et Vilnius, et transportait de nombreux ressortissants de l’UE, dont neuf Français.

« Ça fait aussi des recettes en moins pour le régime biélorusse parce que tout survol d’un espace aérien ce sont une partie de taxes aériennes qui reviennent » au pays concerné, a-t-il relevé.

« C’est un acte de piraterie d’État qui ne peut pas rester impuni », a insisté le secrétaire d’État.

Roman Protassevitch, 26 ans, ancien rédacteur en chef de l’influent média d’opposition biélorusse Nexta, a été interpellé dimanche après-midi à la suite de l’atterrissage d’urgence à l’aéroport de Minsk d’un appareil de la compagnie Ryanair.

L’Organisation de l’aviation civile internationale, organisme rattaché à l’ONU, a avancé que l’atterrissage forcé « pourrait être une violation de la Convention de Chicago », qui protège la souveraineté de l’espace aérien des nations.