Avec sa nouvelle constitution, l’Algérie veut concurrencer le Maroc sur l’échiquier régional

Annoncé par Abdelmadjid Tebboune, la nouvelle constitution algérienne prévoit d’importantes modifications en matière de politique extérieure, qui se veut dorénavant plus agressive. Histoire notamment de concurrencer l’influence marocaine en Afrique.

Eclipsée par la diplomatie très active menée par le Maroc depuis quelques années sur le plan africain, l’influence algérienne sur le continent n’est plus ce qu’elle était du temps où le pétrole atteignaient des sommets lors de la décennie faste des années 2000. Pour remédier à cette situation, le nouveau président algérien voit en la nouvelle constitution qu’il souhaite faire adopter un moyen de redynamiser la politique étrangère de son pays.

Divulgué le 7 mai, l’avant-projet de constitution prévoit notamment la possibilité de déployer des forces militaires algériennes à l’étranger. Il s’agit-là d’un « important changement de paradigme géostratégique dans la région », estime le géopolitologue algérien Abdelkader Abderrahmane, dans des déclarations accordées au journal français Le Figaro. Un changement de cap qui cache en filigrane une volonté de concurrencer l’influence du Maroc en Afrique. Une situation que le pouvoir algérien ne tolère plus, en témoignent notamment les récentes protestations du pouvoir algérien contre l’ouverture d’une douzaine de consulats de pays africains au Sahara.

 

Lire aussi: Diapo. Nouvelles manœuvres algériennes à Tindouf

 

Ce changement de cap en Algérie marque d’un côté le début d’une politique extérieur «plus proactive» et pourrait également «donner plus de poids diplomatique à Alger», poursuit le chercheur, qui prévoit que cela aura pour conséquence «de nuire à la politique régionale de Paris et de ses alliés tels que le Maroc».

«Cette nouvelle donne va certainement modifier et redistribuer les cartes dans les pays tels que le Mali et la Libye», poursuit Abdelkader Abderrahmane. Mais pour un ex-haut gradé algérien interrogé par Le Figaro, «l’envoi de troupes ne se fera en tous cas jamais pour combattre. Ne pas agresser un pays tiers est un des principes de (notre) politique extérieur». Cette enthousiasme affiché par le nouveau pouvoir est à tempérer. Avec la chute des prix de l’or noir, la crise économique provoquée par le coronavirus et le Hirak qui n’a pas fini de dire son dernier mot, il n’est pas du tout sûr que l’Algérie ait les moyen de ses (trop grandes?) ambitions.