Attaque au hachoir à Paris: sept personnes en garde à vue

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Arrestation sur la place de la Bastille, à Paris, du suspect de l'attaque au hachoir le 25 septembre 2020. AFP

Au lendemain de l’attaque au hachoir qui a fait deux blessés graves à Paris devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, les enquêteurs ont interpellé l’ancien colocataire du principal suspect, portant à sept le nombre de gardes à vue samedi matin. 

Le principal suspect, interpellé par la police place de la Bastille vendredi peu après l’attaque, est un homme né au Pakistan et âgé de 18 ans, arrivé en France quand il était encore mineur il y a trois ans.

En plein procès de l’attentat meurtrier qui a visé l’hebdomadaire satirique en janvier 2015, il s’en est pris à deux personnes devant l’agence de presse Premières Lignes dont l’immeuble, situé dans l’est parisien est le même que celui qui abritait les locaux de Charlie Hebdo, en 2015.

« Un homme est arrivé et a attaqué avec un hachoir deux salariés qui fumaient devant l’immeuble, un homme et une femme », a expliqué à l’AFP Paul Moreira, co-dirigeant de Premières Lignes.

Ils ont été blessés « au niveau du haut du corps », l’un à la tête, a-t-il ajouté.

Leur vie n’est cependant pas en danger, a assuré dès vendredi le Premier ministre français Jean Castex, qui s’est rendu sur les lieux.

« Manifestement c’est un acte de terrorisme islamiste », a estimé le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin sur la chaîne France 2, déplorant « une nouvelle attaque sanglante contre notre pays ».

 

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La justice antiterroriste s’est saisie de l’affaire qui a ravivé en France le douloureux souvenir de l’année 2015, marquée notamment par les attaques de janvier contre Charlie Hebdo, et celles, encore plus meurtrières, du 13 novembre à Paris.

La rédaction de Charlie Hebdo qui a déménagé dans un lieu secret depuis quatre ans faisait l’objet de nouvelles menaces depuis que cet hebdomadaire avait de nouveau publié des caricatures de Mahomet le 2 septembre, pour l’ouverture du procès.

– Un suspect relâché –

Selon les policiers qui l’ont arrêté, l’homme a reconnu les faits, mais il n’était pas encore possible de savoir samedi matin s’il a tenu les mêmes déclarations devant les enquêteurs.

D’après M. Darmanin, il avait déjà été arrêté en juin en possession d’une arme blanche, « un tournevis ».

Pris en charge par l’aide sociale à l’enfance en région parisienne, à son arrivée en France, il ne présentait « aucun signe de radicalisation » jusqu’à sa majorité, en août dernier,

Présenté comme « itinérant » de sources concordantes,  deux de ses domiciles présumés ont été perquisitionnés vendredi, un hôtel social à Cergy et un à Pantin, dans la banlieue nord de Paris.

Cinq hommes qui se trouvaient dans ce dernier domicile présumé ont été placés en garde à vue vendredi après-midi et un sixième vendredi dans la soirée, un « ancien colocataire du principal suspect quand il résidait dans l’hôtel social » à Cergy, ce qui portait à sept le nombre de gardes à vue samedi matin.

Un Algérien de 33 ans, rapidement interpellé près des lieux de l’attaque a été toutefois relâché vendredi soir.

Selon une source proche du dossier, son récit qui « consiste à dire qu’il a été témoin, a poursuivi l’auteur et a ensuite été menacé, a été corroboré par l’enquête ». Sur Twitter, son avocate Me Lucie Simon a évoqué un « jeune homme héroïque qui a tenté d’arrêter l’assaillant ».

L’attaque de vendredi est survenue pendant le procès des complices des frères Kouachi qui avaient massacré 12 personnes le 7 janvier 2015, ouvrant une séquence noire de trois jours. Le lendemain un autre jihadiste, Amédy Coulibaly, tuait une policière en banlieue parisienne, puis quatre hommes de confession juive dans l’attaque d’un magasin casher à Paris. Tous trois seront abattus dans deux opérations distinctes le 9 janvier.

Depuis la vague d’attentats jihadistes sans précédent amorcée en 2015 en France et qui a fait 258 morts, plusieurs ont été perpétrés à l’arme blanche, notamment à la préfecture de police de Paris en octobre 2019 ou à Romans-sur-Isère (sud) en avril dernier.