Après son implantation au Maroc, Glovo poursuit son expansion

486
.DR

Après s’être attaqué de manière agressive au marché marocain, l’Espagnol Glovo compte aller à la conquête du monde. A Barcelone, la start-up poursuit son essor international au-delà des livraisons de repas, malgré de vives critiques sur les conditions de travail de ses livreurs.

En 2019, Glovo avait prévu 250 millions d’euros de chiffre d’affaires, soit une hausse de plus de 200% par rapport à 2018, année où les ventes avaient déjà bondi de 350%. Depuis 2015, Glovo a levé 460 millions d’euros auprès d’investisseurs attirés par l’essor du secteur, et vient d’accéder au statut envié de « licorne », ces start-ups valorisées au-delà d’un milliard de dollars.

« Ca donne le vertige, beaucoup de pression, mais en même temps on profite à fond car on sait que c’est assez unique de vivre ça », explique Oscar Pierre chef de la start-up. Il espère dégager des bénéfices « d’ici à 18 mois » au niveau mondial, même si l’activité est déjà rentable en Espagne, en Italie et au Portugal.

Pour croître, Glovo s’implante là où la concurrence est moins vive qu’en Europe occidentale : Amérique latine, Kazakhstan, Ukraine, Maroc, Côte d’Ivoire, etc. Autre enjeu : optimiser les délais de livraison, via des algorithmes mijotés par une centaine d’ingénieurs internationaux. Trois cents embauches supplémentaires sont prévues pour 2020.

« Nous devons choisir un modèle d’intelligence artificielle capable d’estimer le temps de préparation d’une commande, pour demander au livreur d’arriver sur les lieux pratiquement au moment où elle est prête », car tout temps d’attente du coursier est une perte d’argent, souligne Mustafa Sezgin, le chef de la division informatique.

Les repas fournissent les trois-quarts du chiffre d’affaires, mais « nous aimons penser que la nourriture est le début de quelque chose de beaucoup plus grand », comme chez Amazon, qui commença avec les livres, explique Pierre, admirateur de Jeff Bezos.

Glovo possède déjà sept « dark supermarkets », des entrepôts remplis de produits d’épicerie uniquement destinés à être livrés, et compte en ouvrir une centaine en deux ans. Objectif : assurer des livraisons en 15 minutes. L’application pourrait à terme permettre de réserver restaurants et cinémas, et offrir ménage ou réparations à domicile.