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    Numéro dépôt légal : ص 2018/22

    La victoire des sociaux-démocrates allemands aux législatives consacre la renaissance d’un parti donné moribond il y a peu, qui a su faire taire ses dissensions internes et profiter du flottement des conservateurs à la fin de l’ère Merkel.

    Selon les résultats officiels diffusés lundi, le SPD a remporté d’une courte tête le scrutin avec 25,7% devant le centre-droit de la chancelière à 24,1%.

    Le plus vieux parti allemand a aussi réussi lors de cette « super journée électorale » à conserver la prestigieuse mairie de la capitale Berlin et à rafler près de 40% des voix dans une élection régionale dans le Mecklembourg à l’Est.

    « Le SPD célèbre sa résurrection », constate Der Spiegel.

    Après une participation à trois gouvernements en tant que partenaire « junior » des conservateurs d’Angela Merkel, les sociaux-démocrates entendent cette fois revenir à la chancellerie.

    Longtemps déboussolé

    Le SPD revient de loin. Il y a un an, il émargeait à moins de 15% dans les sondages et les Cassandre lui promettaient de tomber dans l’insignifiance politique en Allemagne.

    « Beaucoup d’experts le jugeaient plus ou moins fini et prêt à partir dans l’opposition pour panser ses plaies », souligne Sudha David-Wilp, politologue du groupe de réflexion German Marshall Fund à Berlin.

    La plus vieille formation politique d’Allemagne, créée en 1863, a il est vrai donné pendant deux décennies l’image d’un mouvement déboussolé.

     

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    La faute en premier lieu à l’héritage -lourd à porter pour le « parti des travailleurs »- d’une politique d’inspiration libérale menée au début du siècle par le chancelier Gerhard Schröder. Avec à la clé une impopulaire réforme du marché du travail, qui a fortement réduit le chômage mais conduit aussi à une précarisation de l’emploi.

    Rongé par les disputes internes entre ailes gauche et centriste, dépouillé de son identité à force de coalition avec les conservateurs, il semblait condamné à sombrer.

    La crise existentielle s’est accentuée après la cuisante défaite aux législatives de 2017 (20% des suffrages seulement), puis une claque aux Européennes en 2019.

    Ce n’est que faute d’autre option de gouvernement dans le pays, qu’il se résigne il y a trois ans et demi à reconduire son association au pouvoir avec Angela Merkel. Mais le parti en ressort très divisé et affaibli.

    Le parti se sépare en un temps record de deux présidents, avant de nommer en 2019 un tandem d’inconnus issu de l’aile gauche, afin alors de faire barrage aux ambitions…du centriste Olaf Scholz.

    Alors que le mouvement semble chercher son salut dans un coup de barre à gauche, comme un temps les travaillistes en Grande-Bretagne ou les socialistes en France, les « camarades » choisissent finalement le ministre des Finances et vice-chancelier Olaf Scholz, qui a acquis une aura de solide gestionnaire.

     

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    Car l’histoire montre que c’est au centre que les élections se gagnent en Allemagne. Le pari a été gagné, d’autant qu’en parallèle la gauche radicale allemande a, elle, été laminée dimanche.

    La victoire du SPD vient donner un peu plus de baume au coeur de la social-démocratie européenne en crise. Elle se positionne pour diriger l’Allemagne, comme elle le fait déjà en Suède, au Danemark, en Finlande et peut-être bientôt aussi en Norvège.

    Unité à l’épreuve

    Dans ce cas, même s’il n’en a pas le charisme, Olaf Scholz entrerait au Panthéon des chanceliers SPD de l’après-guerre: Willy Brandt (1969-1974), le père de l’ouverture diplomatique à l’est, Helmut Schmidt (1974-1982) et Gerhard Schröder (1998-2005).

    Une hypothèque toutefois pour lui: l’unité du parti va-t-elle perdurer?

    L’aile gauche pourrait ne pas apprécier les compromis inévitables que Scholz va devoir accepter avec le parti libéral FDP s’il veut former une coalition majoritaire, associant également les écologistes.

    Le FDP, un parti plus à droite que celui d’Angela Merkel, est par exemple opposé à toute augmentation d’impôts et toute taxation des plus hauts revenus, alors que le SPD a fait campagne pour un impôt sur la fortune.

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