Algérie: un an de prison ferme contre un militant du Hirak

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Abdelouahab Fersaoui, opposant politique et militant du mouvement (« Hirak ») de protestation antirégime en Algérie, a été condamné lundi à un an de prison ferme, a annoncé une association de soutien aux détenus.

« Un an de prison ferme contre Abdelouahab Fersaoui, président de l’association RAJ, arrêté le 10 octobre 2019 », a annoncé le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) sur sa page Facebook.

Fersaoui, président du Rassemblement-Actions-Jeunesse (RAJ), une association citoyenne en pointe au sein du « Hirak », était poursuivi pour « atteinte à l’intégrité du territoire national ».

Lors de son procès tenu le 23 mars à huis clos au tribunal de Sidi M’hamed à Alger, à cause de la pandémie de Covid-19, le procureur avait requis deux ans de prison ferme.

 

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Le CNLD précise qu’il s’agit d’une « lourde condamnation » et que « l’acharnement judiciaire se poursuit contre les activistes et les détenus en cette période de confinement des citoyens ».

De multiples condamnations

« On est abasourdi. On attendait sa libération, ou tout au moins une condamnation à six mois, une peine qu’il a déjà purgé », a déclaré à l’AFP Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH).

« Cette condamnation confirme notre inquiétude quant au risque d’escalade de la répression », a-t-ajouté.

L’universitaire de 39 ans, est en détention provisoire depuis son arrestation le 10 octobre. Lors de son procès, le 23 mars, Fersaoui avait nié les accusations: « La justice a fondé son accusation sur mes publications sur mon compte Facebook. Ces publications, dont je suis responsable, ne menacent pas l’unité nationale ni n’incitent à la violence », s’était-il défendu, selon le RAJ.

Malgré la pandémie du nouveau coronavirus (152 morts et 1.320 cas déclarés), la machine judiciaire continue de sévir en Algérie.

Un journaliste indépendant algérien, Khaled Drareni, correspondant de l’association Reporters sans frontières (RSF) en Algérie, a été incarcéré le 29 mars en détention préventive.

 

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Quant à Karim Tabbou, figure emblématique du « Hirak », déjà récemment condamné à une peine d’un an de prison ferme, doit comparaître le 27 avril dans un autre procès, accusé d' »atteinte au moral de l’armée », a précisé lundi son avocate.

Selon le dernier décompte du CNLD, 44 personnes sont actuellement en détention dans les prisons algériennes pour des faits liés au « Hirak ».