Algérie: RSF demande la libération d’un fixeur détenu depuis 100 jours

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Saïd Chitour. Crédits photo : aroundalgiers.sitew.fr.

L’organisation Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé mercredi 13 septembre, la détention préventive «excessive» d’un fixeur algérien, arrêté il y a 100 jours et accusé d’avoir livré des documents confidentiels à des diplomates étrangers.

Saïd Chitour, fixeur et collaborateur de médias anglophones, dont la BBC et le Washington Post, a été arrêté le 5 juin dernier à l’aéroport d’Alger par les services de renseignements et placé en détention par un juge.

L’avocat du fixeur, Khaled Bourayou, a déclaré que l’instruction touche à sa fin. Chitour doit être soumis à un interrogatoire final, récapitulatif, avant d’être renvoyé probablement devant le tribunal criminel.

Le fixeur est inculpé d’infraction à l’article 65 du Code pénal qui prévoit la réclusion à perpétuité stipulant que : «quiconque, dans l’intention de les livrer à une puissance étrangère, rassemble des renseignements, objets, documents ou procédés dont la réunion et l’exploitation sont de nature à nuire à la défense nationale ou à l’économie nationale».

«Rien jusqu’à présent ne justifie le maintien en prison de Saïd Chitour», a estimé RSF dans son communiqué. L’organisation de défense de la liberté de la presse a réclamé sa libération «sans délai», jugeant «excessive», la durée de sa détention préventive.

«Quand le provisoire se prolonge sans motifs, sans date de procès, la détention devient arbitraire et le principe de la présomption d’innocence est bafoué», a dénoncé RSF.

Une demande de remise en liberté, déposée fin juillet, a été rejetée, a indiqué l’avocat de Chitour, qui a dit espérer que son client serait blanchi des chefs d’inculpation, car, selon ses propos : «il n’a remis aucun document à caractère confidentiel pouvant nuire à l’économie et à la défense nationale».

À la mi-juin, RSF avait dénoncé le «harcèlement», les «menaces» et «pressions» à l’encontre des journalistes en Algérie, pays qui figure à la 134e place (sur 180) en 2017 au classement mondial de la liberté de la presse établi par l’organisation.