Algérie: mise en garde de Gaïd Salah contre toute «entrave» à la présidentielle

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L’homme fort d’Algérie, le chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah, a mis en garde jeudi contre toute «entrave» à la présidentielle fixée au 12 décembre, une élection rejetée par la contestation qui réclame le départ du «système» au pouvoir depuis deux décennies.

Cette mise en garde est intervenue à la veille de nouvelles manifestations pour un 32e vendredi consécutif de mobilisation contre le pouvoir.

Déclenchée en février, la contestation, qui a poussé le président Abdelaziz Bouteflika à démissionner début avril, réclame toujours le départ de l’ensemble du système au pouvoir avant tout scrutin, dont celui du général Gaïd Salah, un ex-fidèle de M. Bouteflika.

Une présidentielle prévue début juillet a été annulée, faute de candidats. Et en dépit du refus persistant de la contestation, le pouvoir intérimaire a annoncé le 15 septembre une nouvelle présidentielle le 12 décembre, conformément au souhait de M. Gaïd Salah, devenu le véritable l’homme fort du pays depuis le départ de M. Bouteflika.

 

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«Le haut commandement de l’armée va prendre, dans les meilleurs délais, toutes les mesures nécessaires pour permettre aux citoyens d’exercer leur droit électoral (…) dans les meilleures conditions sécuritaires», a déclaré le général Gaïd Salah.

Il a dénoncé «la horde qui tente par tous les moyens d’entraver ce processus électoral», dans un discours prononcé dans une caserne militaire à Béchar (sud-ouest) et publié sur le site du ministère de la Défense.

«Tous ceux qui se mettront en travers de cette solution constitutionnelle (…) ou qui oeuvrent à faire obstacle à ce processus national vital, sous quelque forme que ce soit, trouveront une sanction juste et rigoureuse, voire dissuasive, conformément à la loi», a-t-il averti.

«Le peuple veut renverser Gaïd Salah», «Mettez-nous tous en prison», «Le peuple ne s’arrêtera pas», avaient scandé les manifestants vendredi dernier, après l’annonce d’une date pour la présidentielle.