Algérie: Louisa Hanoune dénonce "le système politique escobarisé”

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Lors d’une conférence de presse organisée mercredi au siège du parti à Alger, la secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, n’a pas mâché ses mots contre le pouvoir, dénonçant la “maffiotisation des institutions de l’Etat” après l‘arrestation de hauts responsables impliqués dans un vaste trafic de cocaïne.
Dans une Algérie secouée par l’épidémie de choléra, l’affaire des 701 kg de cocaïne où sont impliqués de hauts responsables de l’Etat, vient confirmer une situation de crise générale qui gangrène le pays et le mène vers l’inconnu.
Le journal El Watan, dans sa livraison de ce jeudi 30 août, illustre cet état de détresse, en citant la secrétaire générale du Parti des Travailleurs, Louisa Hanoune, qui dresse un tableau de bord national où tous les indicateurs sont au rouge.
Le pays vit «une congestion politique, pris dans une spirale de récession économique et de détresse sociale, le tout dans un Etat qui perd de son autorité aux plans interne et externe», résume Hanoune, lors d’une conférence de presse qu’elle a animée hier à Alger.
Et d’ajouter: «N’importe quelle étincelle peut mettre le feu partout». Indignée par l’état de désastre dans lequel est plongé le pays, la patronne du PT a usé d’un vocabulaire mordant pour dire toute son indignation. Pour elle, l’affaire des 701 kg de cocaïne saisis au port d’Oran, le 29 mai dernier, «a fait tomber les masques et révèle une maffiotisation des institutions de l’Etat déjà gangrenées par la corruption généralisée. Pis, une escobarisation du système».
La militante exprime sa peur pour le pays qui s’apprête à s’engager dans des élections présidentielles. Pour elle, mener des élections dans ce «contexte dangereux, c’est conduire le pays vers l’inconnu, c’est aller vers l’abîme», estime-t-elle.
«Nous refusons de nous embarquer dans le débat stérile sur le 5e mandat, parce qu’il contourne la question centrale qui est celle de la nature du régime politique, d’autant plus que personne ne sait ce qui va se passer d’ici-là. Faut-il changer un homme pour le remplacer par un autre ou changer un système escobarisé? C’est signer l’arrêt de mort du pays», prévient la secrétaire générale du PT.