Algérie: les étudiants à nouveau dans les rues

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Environ 2.000 étudiants ont manifesté mardi à Alger contre le régime en réclamant une « transition démocratique » en Algérie, théâtre d’un mouvement de protestation populaire inédit depuis près d’un an.

Comme chaque mardi, le cortège majoritairement estudiantin a parcouru les principales artères du centre-ville pour rejoindre la Grande Poste.

Ce bâtiment emblématique au cœur d’Alger est le lieu de ralliement traditionnel des partisans du « Hirak », le puissant mouvement de contestation qui a éclaté le 22 février 2019 et abouti à la démission du président Abdelaziz Bouteflika en avril sous la pression populaire.

« Notre marche est pacifique et nos revendications sont légitimes », ont scandé les étudiants, rejoints par de nombreux enseignants et de simples citoyens, en fustigeant le nouveau président Abdelmadjid Tebboune « venu par la fraude et placé par les militaires ».

 

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Ancien Premier ministre du président déchu Bouteflika, M. Tebboune, 74 ans, a été élu le 12 décembre lors d’un scrutin massivement boycotté par le « Hirak » et marqué par une abstention record.

« Tebboune est un fait accompli avec lequel nous devons composer mais cela ne veut pas dire que nous le reconnaissons », a expliqué à l’AFP, Nadir, 23 ans.

Pour cet étudiant en économie et gestion à Alger, le « Hirak » va « se poursuivre et son objectif est une transition démocratique ».

« Tebboune n’est pas une fatalité car il pourrait bien ne pas finir son mandat s’il se met en travers de la volonté populaire », a-t-il affirmé, appelant le nouveau président à « prouver sa bonne foi en répondant favorablement aux revendications du +Hirak+ dans le cadre de la révision de la Constitution » que prépare le pouvoir.

Pour la première fois depuis le début des manifestations estudiantines, une « plateforme en 14 points », reprenant les principales revendications du « Hirak », a été dévoilée lors de ce 47e mardi de mobilisation.

Les étudiants réclament notamment « une transition démocratique et la concrétisation d’une véritable ouverture politique et médiatique », selon ce document.

Ils demandent également la « dissolution » de la chambre basse du Parlement et de toutes les assemblées élues ainsi que l’organisation d’élections législatives –les dernières remontent à 2017– et locales anticipées.

« Celui qui veut dialoguer avec le mouvement de contestation n’a qu’à prendre connaissance de ses revendications et les mettre en oeuvre pour démanteler le +système+ », lance Mounir, 28 ans.

 

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Près d’un an après le déclenchement du « Hirak », les opposants continuent d’exiger le démantèlement du « système » et le départ de ses représentants au pouvoir depuis l’indépendance du pays en 1962.

Un comité d’experts chargés de proposer un projet de réforme constitutionnelle a été mis en place mardi par la présidence, selon les médias officiels.

Le président Tebboune, qui a promis une révision de la loi fondamentale au lendemain de son élection, a entamé fin décembre des consultations sur ce projet, recevant plusieurs personnalités politiques ces derniers jours.