Algérie: le parti des Travailleurs (PT) boycotte la présidentielle, les islamistes indécis

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Louisa Hanoune, secrétaire général du PT en Algérie, ne se présentera pas à l'élection présidentielle. DR

Le parti des Travailleurs (PT) algérien ne présentera pas de candidat à la présidentielle en Algérie, une première depuis 2004, en raison du mouvement de contestation actuel, a annoncé à l’AFP un responsable de la petite formation d’extrême gauche.

« A l’exception de deux abstentions, tous les membres du Comité central ont voté pour la non-participation » à la présidentielle du 18 avril, a déclaré à l’AFP Ramdane-Youssef Tazibt, député et membre du bureau politique du PT.

A l’exception du chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, qui briguera un 5e mandat, aucun candidat d’envergure n’a pour l’heure confirmé sa candidature.

En annonçant son intention de se représenter, le chef de l’Etat a mis fin à des mois d’incertitudes sur ses intentions, mais aussi déclenché une contestation sans précédent de son régime depuis son arrivée au pouvoir en 1999.

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« Le parti se devait de prendre en compte le processus révolutionnaire en cours en Algérie. Des millions d’Algériens réclament le départ du système et cette élection présidentielle ne peut pas répondre à cette aspiration réelle au changement », a dit Tazibt.

« Si le calendrier (électoral) est maintenu, le pays court de gros risques. On ne peut pas participer à quelque chose qui risque de plonger le pays dans l’irréparable », a-t-il ajouté.

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Secrétaire général du PT, Louisa Hanoune a été candidate aux présidentielles de 2004, 2009 et 2014, ne totalisant que de faibles scores (entre 1 et 4,2%).

Principal adversaire de Bouteflika aux présidentielles de 2004 et 2014, son ancien Premier ministre Ali Benflis annoncera dimanche s’il se porte ou non candidat à nouveau.

Débarqué fin 2018 sur la scène politique, avec des propos fracassants promettant une « IIe République », le général à la retraite Ali Ghediri, sans parti et passé militant connu, s’est déclaré candidat mais est extrêmement discret depuis plusieurs semaines.

Principal parti islamiste, le Mouvement de la société pour la paix (MSP), qui a rompu en 2012 avec l’alliance présidentielle, a désigné son président Abderrazak Makri pour le représenter au scrutin, qui n’a pour l’heure pas déposé son dossier de candidature.

Les islamistes sur les pas de Hanoune

Le principal parti islamiste algérien n’exclut pas de renoncer à participer à la présidentielle du 18 avril et prendra sa décision dimanche, dernier jour légal de dépôt des candidatures, a indiqué à l’AFP son président et candidat désigné, Abderrezak Makri.

Le dossier de candidature sera remis au Conseil constitutionnel dimanche, « si toutefois on décide de déposer notre candidature », a déclaré samedi à l’AFP M. Makri, président du Mouvement de la Société pour la Paix (MSP), formation qui se définit comme modérée et se réclame des Frères musulmans.

Membre jusqu’en 2012 de l’Alliance présidentielle soutenant le chef de l’Etat Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 1999, le MSP, qui a 34 députés à la chambre basse algérienne, n’a jamais présenté de candidat à la présidentielle.

Dans un communiqué publié vendredi soir, à l’issue de manifestations massives contre la candidature du président Bouteflika à 5e mandat, le MSP a appelé « les autorités à écouter la voix de la population » et à « cesser d’imposer une absurdité ».

Pour l’heure, aucun candidat d’envergure n’a déposé son dossier ni formellement confirmé sa candidature face au président sortant, qui fait face à une contestation contre lui inédite en 20 ans de pouvoir.