Algérie: la forte abstention, preuve d’un régime déconnecté (presse espagnole)

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Dans un bureau de vote à Alger, vendredi 5 mai 2017. (AFP)

 

Le taux élevé d’abstention aux élections législatives en Algérie, qui a atteint les 62,75 %, confirme la déconnexion qui existe entre la majeure partie de la population et sa classe politique, estiment samedi des quotidiens espagnols.

Dans un article intitulé «La forte abstention marque les législatives en Algérie», La Vanguardia souligne qu’en boycottant les urnes jeudi dernier, «la population a montré son rejet du pouvoir et des partis qui acceptent de jouer son jeu».

 

L’abstention élevée met également en évidence le peu d’importance accordée à la composition du parlement dans un régime présidentiel comme celui de l’Algérie, écrit le journal, notant qu’au final, ce sont les appels au boycott des élections qui ont gagné jeudi.

 

«Il ne s’agit pas d’une indifférence, mais d’un refus du système», explique Miguel Hernando de Larramendi, professeur d’histoire du monde arabe contemporain à l’Université de Castille-La Manche, cité par la publication, rappelant que les manifestations de protestation se sont multipliées dans le sud et en Kabylie pour des questions économiques et sociales.

 

De son côté, El Mundo relève que les résultats de ces élections, qui maintiennent le statu quo, «cachent à peine une grande fracture: la déconnexion entre les citoyens et leurs dirigeants».

 

Le taux d’abstention reflète l’indifférence de l’électorat qui ne croit plus à ce processus politique, ajoute le quotidien.

 

«Plus que jamais, le pouvoir ne peut plus dissimuler son divorce du peuple», affirme à El Mundo Hichem Aboud, journaliste et opposant, estimant que le faible taux de participation «traduit la colère des citoyens contre la fraude massive devenue une marque de fabrique du régime algérien».