Algérie: des centaines de militants pro-Hirak mobilisés à Paris

486

Membres de la diaspora algérienne ou binationaux, plusieurs centaines de militants du mouvement de protestation populaire « Hirak » ont défilé dimanche dans Paris, pour réclamer de nouveau un changement de régime en Algérie.

« Système dégage », « Pouvoir assassin », « Pour la libération des journalistes et de tous les détenus d’opinion », 27 collectifs s’étaient regroupés pour appeler à marcher, très symboliquement, entre la Place de la République et celle de la Bastille.

La manifestation a rassemblé quelque 700 personnes d’après la préfecture de police de Paris, alors que selon plusieurs organisateurs interrogés par l’AFP la participation était en nette hausse par rapport au précédent rassemblement, qui avait eu lieu à Paris le 5 juillet après des mois de confinement à cause de l’épidémie de coronavirus.

Les marcheurs brandissaient à la fois des drapeaux amazigh (berbères) et algériens et étaient souvent venus en famille.

« C’est merveilleux que les mouvements soient parvenus à s’unir dans leur diversité et malgré leurs divergences », s’est réjouie auprès de l’AFP Fatiha Rahmouni, une avocate algérienne réfugiée politique en France depuis 2015.

Les revendications étaient disparates (abrogation du code de la famille réputé défavorable aux femmes, suppression de l’article 2 de la Constitution faisant de l’Islam une religion d’Etat, lutte contre la corruption, etc..).

 

 

Lire aussi: Algérie: 2 militants du « Hirak » en grève de la faim pour dénoncer leur incarcération

 

 

Mais tous les manifestants étaient d’accord pour rejeter la légitimité du président algérien Abdelmadjid Tebboune, élu en décembre 2019, et la réforme de la Constitution votée jeudi dernier par le parlement, censée répondre aux revendications du « hirak ».

Selon Fatiha Rahmouni, ce mouvement de protestation est « en train de repartir » sur la rive française de la Méditerranée. Côté algérien, « ce n’est pas possible pour le moment, il y a encore le couvre-feu, les gens ont peur », estime Mme Rahmouni, membre du collectif « Double Rupture: ni militaires, ni islamistes ».

Le pouvoir a « utilisé la pandémie pour empêcher les manifestations, il y a eu beaucoup d’arrestations, des gens condamnés à deux ou trois ans de prison seulement pour être sortis manifester ou avoir dénoncé le pouvoir sur facebook », a-t-elle affirmé.

D’autres manifestants ont appelé le « hirak », mouvement sans leaders, à passer à l’étape suivante et davantage s’organiser.

« C’est un moment crucial, il faudrait des initiatives politiques sérieuses pour traduire cette force populaire en une force politique. Il faut qu’une force nouvelle naisse en Algérie et nous en serons le relais médiatique et de soutien ici », a déclaré à l’AFP Abdou Bendjoudi, un militant indépendant, arrivé en France en 2014.