Afrique du sud: sida, tuberculose et coronavirus… le cocktail explosif

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Avec des taux trop élevés de VIH et de tuberculose, l’Afrique du Sud se prépare à affronter une situation de plus en plus compliquée avec la propagation rapide de la pandémie du Coronavirus.

Le gouvernement dirigé par le Congrès National Africain (ANC) est désormais dans une course contre la montre contre une pandémie qui semble difficile à contenir en attendant l’entrée en vigueur jeudi à minuit du confinement national pour une période de 21 jours.

Des chiffres officiels publiés mercredi ont montré que le Coronavirus a infecté 709 Sud-Africains, soit une hausse de 28 pc depuis mardi quand 554 cas ont été recensés.

Avec cette hausse, les services de santé sud-africains, déjà affectés par la crise économique qui frappe le pays, devra s’exposer à une pression jamais vécue par ce pays d’Afrique australe.

 

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Les motifs d’inquiétude sont multiples quand on se rappelle des pandémies qui rongent le pays arc-en-ciel, notamment le VIH. Le pays compte 7,7 millions de porteurs de ce virus, au moment où le taux de prévalence est de 17 pc chez les Sud-Africains âgés de 15 à 49 ans.

Cette catégorie vulnérable, au regard de sa résistance immunitaire affaiblie, sera parmi les populations les plus exposées à la propagation du Coronavirus.

Outre le VIH, la tuberculose est une autre maladie qui ronge cette population sud-africaine, en majorité les Noirs. D’après l’Organisation mondiale de la santé, cette maladie a tué plus 63.000 Sud-Africains en 2018. Pire encore, près de 75 pc de ces personnes étaient séropositives.

Le gouvernement se montre rassurant, citant les progrès réalisés pour contenir le VIH et la tuberculose. Dans la province du Kwazulu Natal, épicentre du VIH en Afrique du Sud, les taux d’infections ont baissé durant les dernières années à la faveur des efforts colossaux consentis pour tester et placer les patients sous traitement antirétroviral.

Le pays a également commencé à enregistrer une baisse des taux de la tuberculose grâce aux vastes programmes mis en œuvre par le secteur de la santé publique, en dépit d’un manque flagrant de ressources humaines et financières.

Toutefois, à cette large prévalence du VIH et de la tuberculose s’ajoutent des taux de pauvreté pour le moins alarmants. Selon des analyses indépendantes, plus de la moitié de la population sud-africaine estimée à près de 58 millions d’âmes, vivent dans la pauvreté.

 

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Au-delà des déclarations rassurantes des autorités, le sentiment d’inquiétude s’installe, notamment dans les rangs des analystes, quant à la capacité de l’Afrique du Sud à gérer une situation qui se présente difficile même pour les pays les plus développés.

Force est de constater que l’Afrique du Sud compte 80 vastes townships à travers son territoire, abritant environ 30 pc de la population globale du pays.

Ce sont des zones où il est pratiquement impossible d’imposer un confinement total au regard du mode de vie des populations et leurs activités de subsistance quotidienne.

Confronté à des critiques pour son échec d’informer l’opinion publique sur les moyens de gérer la crise du Coronavirus dans ces townships, le gouvernement s’est borné à dire qu’il dispose d’un plan sans en dévoiler les contours.