Affaire Benalla: les cinq suspects bientôt présentés à un juge d'instruction

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AFP PHOTO / NICOLAS TUCAT

Après la levée, samedi soir, de la garde à vue de l’ancien «Monsieur sécurité» d’Emmanuel Macron, ainsi que celles de Vincent Crase, autre collaborateur de l’Élysée, et de trois policiers haut gradés, l’enquête judiciaire se poursuit.

L’affaire Alexandre Benalla, collaborateur de la présidence française licencié après des violences le 1er mai, continue d’occuper le devant de la scène politique et médiatique dans l’Hexagone: les suspects vont être présentés ce dimanche à un juge d’instruction, tandis que le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, est auditionné lundi devant l’Assemblée nationale, où l’opposition est en ébullition. Le Figaro fait le point sur l’enquête judiciaire, alors que deux autres enquêtes, administrative et parlementaire, sont par ailleurs en cours.
Les gardes à vue des cinq suspects ont été levées samedi soir dans l’enquête sur les violences commises le 1er mai à Paris. Ils doivent être présentés ce dimanche à un juge d’instruction, a annoncé le parquet. Parmi eux: le principal suspect, Alexandre Benalla. Ce proche d’Emmanuel Macron, en charge de sa sécurité, a été mis en cause dans des vidéos révélées mercredi pour avoir frappé des manifestants pendant la Fête du travail, arborant des insignes de police, alors qu’il était présent en tant que simple observateur auprès des forces de l’ordre. Malgré son licenciement annoncé vendredi, l’Élysée n’a pas réussi à désamorcer la crise. Le deuxième suspect est Vincent Crase, dont la garde à vue, avant d’être levée, avait été prolongée samedi matin. Ce gendarme réserviste, employé du parti présidentiel, se trouvait avec Alexandre Benalla lors du 1er mai, a fait savoir le parquet de Paris. Les trois derniers suspects dans cette affaire sont trois policiers hauts gradés suspendus pour avoir transmis mercredi soir à Alexandre Benalla des images de vidéosurveillance. Ils avaient été placés en garde à vue samedi matin.
Que risque Alexandre Benalla? Dès jeudi, le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire pour «violences par personne chargée d’une mission de service public», «usurpation de fonctions» et «usurpation de signes réservés à l’autorité publique». Les deux premiers chefs d’accusation sont chacun passibles de trois ans de prison, le dernier d’un an d’emprisonnement. «L’affaire est désormais aux mains de la justice, et c’est très bien ainsi», avait réagi le premier ministre, Édouard Philippe, dans la foulée. Finalement, le lendemain, Alexandre Benalla était placé en garde à vue pour cinq motifs différents: violences en réunion par personne chargée d’une mission de service public ; usurpation de fonctions ; port illégal d’insignes réservés à l’autorité publique ; complicité de détournement d’images issues d’un système de vidéoprotection. Entre-temps, la justice avait découvert la tentative d’Alexandre Benalla de récupérer des images de vidéosurveillance de la manifestation du 1er mai. Une affaire dans l’affaire pour laquelle trois hauts gradés de la police vont également être présentés à un juge.
Silence à l’Élysée, levée de boucliers à l’Assemblée
En plus de l’enquête préliminaire de la justice, une autre, administrative, a été lancée par la «police des polices» et une troisième par l’Assemblée nationale. Dans ce cadre, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, devra expliquer aux députés ce qu’il sait de cette affaire: il sera auditionné lundi à 10h00 par la commission des Lois de l’Assemblée nationale, dotée de pouvoirs d’enquête, a annoncé samedi sa présidente Yaël Braun-Pivet (LaREM, majorité présidentielle). En outre, la femme et l’homme frappés par Alexandre Benalla, lors des manifestations du 1er mai, ont demandé à être entendus ultérieurement par les enquêteurs.