Accusé de harcèlement sexuel, le ministre britannique de la Défense démissionne

Michael Fallon est accusé d’avoir posé sa main sur le genou d’une journaliste au cours d’un dîner, lors de la conférence du parti conservateur, en 2012. Le ministre a reconnu n’avoir peut-être «pas été à la hauteur».

C’est une conséquence concrète de la multiplication des accusations de harcèlement sexuel en Grande-Bretagne: le ministre de la Défense britannique, Michael Fallon, a démissionné de son poste, mercredi.

Le ministre, en fonction depuis juillet 2014, a été mis en cause dans un article publié cette semaine dans The Sun . Le tabloïd revenait sur le cas d’un ministre qui avait, à plusieurs reprises, touché le genou d’une journaliste lors d’un dîner en 2002. La journaliste concernée, Julia Hartley-Brewer, lui avait alors fait comprendre directement que cette attitude devait cesser, le menaçant de le frapper.

Elle a elle-même relayé l’histoire sur son compte Twitter en choisissant de ne pas donner le nom du ministre. The Sun a choisi de révéler, dans son édition de mardi, que Michael Fallon était le ministre incriminé.

Après la publication de l’article, la reporter, Julia Hartley-Brewer, avait réagi en rappelant que la scène avait eu lieu il y a quinze ans et que cela n’avait pas suscité de trouble particulier chez elle. «Je n’ai pas été victime et je ne souhaite pas participer à ce qui me semble être devenu une chasse aux socières à Westminster», affirmait-elle sans détour.

«Pas à la hauteur des exigences»

La mise au point n’a pas empêché la mise en difficulté de Michael Fallon, aujourd’hui âgé de 65 ans. Dans sa lettre de démission (lisible en anglais ci-dessous), le ministre explique admettre que son comportement passé a pu «ne pas avoir été à la hauteur des hautes exigences» de sa fonction. Selon la BBC, Michael Fallon estime toutefois justifié que le Parlement britannique s’attaque sérieusement à la question du harcèlement qui l’agite actuellement.

La journaliste Julia Hartley-Brewer a réagi en tweetant la nouvelle assortie d’un juron expression anglaise très familière exprimant la surprise.

La première ministre Theresa May a réagi, selon la BBC, affirmant qu’elle appréciait le «sérieux» avec lequel Michael Fallon avait considéré son rôle et «l’exemple» qu’il entend donner «aux fonctionnaires et aux femmes et à chacun».

Cette démission intervient alors que le gouvernement britannique fait face à une multiplication d’accusations d’agressions et de harcèlement sexuel à Westminster. Une enquête a été annoncée par le gouvernement, cette semaine, dans l’affaire d’un ministre accusé d’avoir notamment fait acheter des sextoys à son assistante parlementaire lorsqu’il n’était que député, en 2010. Mercredi, une liste de membres du Parlement accusé de comportements inappropriés a par ailleurs fuité sur Twitter, suscitant la colère de certains députés. Theresa May a fait part de sa volonté de mettre en place de nouvelles mesures

Ces différentes révélations ont notamment été encouragées par le contexte de l’affaire de harcèlement sexuel impliquant le producteur américain Harvey Weinstein, dont l’émergence du mot-clé #balancetonporc fut l’une des répercussions en France.