Près de Paris, un policier tue trois personnes avant de se suicider

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Le drame s’est noué samedi soir dans cette commune du Val-d’Oise. Le policier de 31 ans a tué trois personnes et blessé trois autres. Il s’en est pris à sa petite amie, à sa famille et à des voisins. La piste du différend familial est privilégiée.

Un policier de 31 ans a tué samedi en début de soirée à Sarcelles dans le Val-d’Oise trois personnes avec son arme de service et en a blessé trois autres avant de se suicider. D’après les premiers éléments de l’enquête, ce fonctionnaire de police en poste à Paris a tué trois personnes, dont son beau-père, et blessé sa belle-mère, sa compagne et la sœur de cette dernière dans ce qui s’apparente à un «drame familial», avant de retourner l’arme contre lui, a rapporté une source policière à l’AFP.

Le drame s’est produit vers 20h45 dans le vieux Sarcelles, à environ 300 mètres de la mairie de cette commune située au nord de Paris. L’homme a d’abord tué deux personnes qui se trouvaient «sur la voie publique», selon la source policière. Un homme d’une vingtaine d’années abattu dans sa voiture et un homme de 44 ans, selon France Bleu. Ce dernier, sorti acheter un paquet de cigarette, se serait interposé entre le gardien de la paix et sa compagne dans la rue, croit savoir la station de radio.

 «Ce sont des gens du voisinage, je les connais bien car j’ai habité dix ans dans cette rue, ils n’avaient aucun lien» avec le policier, a affirmé l’ex-maire de Sarcelles François Pupponi, présent sur place et joint par l’AFP. Selon lui, le policier a ensuite tiré sur sa petite amie qui lui aurait annoncé peu de temps auparavant son intention de rompre. Grièvement blessée au visage, la jeune femme de 25 ans se trouvait dans une voiture stationnée devant un pavillon.

Selon une source policière, le fonctionnaire est entré dans le pavillon où habite la famille de sa petite amie, a tué le père de celle-ci avant de blesser grièvement la mère et la sœur de la jeune femme, dans le jardin. Le gardien de la paix a été retrouvé mort dans le jardin. Ce sont des riverains qui ont alerté les forces de l’ordre après avoir entendu des coups de feu. Le procureur de la République de Pontoise s’est rendu sur place.

«C’est l’incompréhension d’une telle horreur, que ce soit un jeune policier qui ait commis ce drame», a réagi sur BFMTV François Pupponi. Une famille de victime avec qui l’élu s’est entretenu ne comprend pas ce qui est arrivé. «Le monsieur venait de sortir de chez lui acheter ses cigarettes, il rentrait pour fêter son anniversaire avec ses enfants. Les enfants l’attendaient, il n’est pas rentré (…) Les gens ne comprennent pas qu’un policier ait pu faire ça».

Recrudescence de suicides dans les forces de l’ordre

Depuis les attentats de 2015, les policiers avaient droit de porter leur arme hors service à condition que leur hiérarchie soit d’accord. En juin dernier, les règles ont toutefois été durcies. Depuis cette date, les agents doivent désormais avoir effectué au moins un entraînement de tir tous les quatre mois pour pouvoir bénéficier du port d’armes hors service, et non plus trois entraînements par an, que certains regroupaient sur une même période, selon Europe 1.

Ce drame intervient dans un contexte de recrudescence des suicides dans les rangs des forces de l’ordre. Depuis le début de l’année, au moins 46 policiers et 16 gendarmes se sont donné la mort, selon un décompte initial du ministère de l’Intérieur complété par l’AFP. Début novembre, les médias évoquaient une nouvelle vague de suicide intervenue dans la police depuis la fin de l’été. Parmi ces décès, celui de l’ancien chef de la division nationale de lutte contre le hooliganisme, le commissaire de police Antoine Boutonnet, a particulièrement marqué les esprits. Dans la foulée, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a demandé une «évaluation des mesures mises en œuvre pour prévenir les suicides parmi les forces de l’ordre». Après un pic en 2014, année noire au cours de laquelle 55 policiers (contre 40 en moyenne annuellement) et une trentaine de gendarmes avaient mis fin à leurs jours, le nombre de suicides parmi les forces de l’ordre avait décru en 2015 et 2016.