1er mai en France: plus de 200 arrestations à Paris

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AFP

Selon la préfecture de police, «environ 1200 individus cagoulés et masqués» ont saccagé et incendié plusieurs commerces ce mardi. Les affrontements avec les forces de l’ordre ont duré plusieurs heures.
Ce sont des débordements d’une ampleur rare. En marge de la manifestation parisienne du 1er mai (dont le cortège était censé défiler de la Place de la Bastille à la Place d’Italie avant que la préfecture n’exige un changement d’itinéraire), un gros millier de casseurs est subitement apparu. «Présence d’environ 1200 individus cagoulés et masqués au niveau du Pont d’Austerlitz», a d’abord alerté la préfecture de police de Paris, avant d’annoncer que plus de 200 d’entre eux avaient été interpellés en fin d’après-midi. En début de soirée, 94 d’entre eux avaient été déférées dans des commissariats de la ville pour entamer des poursuites.


Comme l’ont montré des images diffusées sur les chaines d’info, ces individus étaient regroupés derrière plusieurs banderoles sur lesquelles on pouvait lire: «Macron nous met dans une colère noire», «Sous les K-Way, la plage» ou «le black bloc colore nos vies». Ils s’en sont pris à plusieurs symboles censés représenter le capitalisme américain et la société de consommation: ils ont notamment saccagé et incendié le McDonald’s situé Boulevard de l’Hôpital, avant de se munir de barrières de chantiers pour établir un barrage. Une concession Renault a également été prise pour cible.
Des premiers heurts ont ensuite éclaté avec les forces de l’ordre peu après 16h. Ces derniers ont eu recours à des canons à eaux pour tenter de disperser la foule, ainsi qu’à des camions pour détruire les barricades déployées sur la route. Des CRS mobiles munis de casques et de boucliers ont quant à eux essuyé des «jets de projectiles», a indiqué la préfecture, selon qui des «dégradations au moyen d’objets incendiaires» ont également été constatées. Un engin de chantier a ainsi été incendié.


Depuis l’Australie, où il se trouve, le président de la République Emmanuel Macron a fait savoir qu’il se tenait informé des événements qui se déroulent en France. «Lorsqu’il est en déplacement, il fait tous les soirs un point de situation avec le secrétaire général de l’Élysée», assure l’un de ses proches présent à Sydney. Compte-tenu du décalage horaire, il est toutefois difficile pour le chef de l’État de réagir officiellement. C’est pourquoi il a laissé le gouvernement monter au créneau. Sur Twitter, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a «condamn(é) avec fermeté les violences et dégradations commises en marge du défilé syndical du 1er mai à Paris». «Tout est mis en œuvre pour faire cesser ces graves troubles à l’ordre public et appréhender les auteurs de ces actes inqualifiables», a-t-il ajouté. Idem pour le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, qui a assuré que «les ennemis de la démocratie n’imposeront jamais leur loi». «Quand on a des convictions sincères, on manifeste à visage découvert».


La maire PS de Paris, Anne Hidalgo, a elle aussi réagi sur Twitter. «Je condamne les violences commises cet après-midi à Paris par des centaines d’individus cagoulés. Leur seul but était de semer le chaos. C’est abject. Toute ma solidarité aux commerçants et riverains touchés ainsi qu’aux manifestants qui défilaient dans le calme pour le 1er mai», a-t-elle publié. Selon la préfecture de police de Paris, ces derniers étaient environ 34.5000 au total, dont 20.000 dans le cortège et 14.500 en dehors.


Parmi les pancartes et les slogans brandis par ces «Black Blocs», plusieurs messages hostiles voire belliqueux étaient adressés à l’exécutif. «Premiers de cordée, premiers guillotinés», ont-ils notamment écrit, en allusion à la formule employée par Emmanuel Macron. «Cette fois, on s’est organisé», ont-ils également prévenu, avant de scander, selon l’AFP: «Tout le monde déteste la police», «Paris, debout, soulève-toi», ou encore «Zyed, Bouna, Theo et Adama, on n’oublie pas, on pardonne pas».
«On en a marre de ce système capitaliste qui détruit tout, de la répression policière brutale contre ceux qui s’y opposent. On veut un changement radical, qu’on écoute la société, on veut de l’écologie, de l’altermondialisme», a dit l’un de ces individus cagoulés, interrogé par l’AFP sous couvert d’anonymat. «On est là parce que la situation est apocalyptique. Ça fait deux mois qu’on essaie de faire sauter les facs, les gares mais ça marche pas», témoignait un autre.