Voici les maladies qui peuvent être traitées avec le cannabis

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Le cannabis, cette plante aux vertus thérapeutiques de plus en plus reconnues par les instances scientifiques internationales, serait bénéfique dans le traitement de plusieurs maladies, a souligné Dr Jaâfar Heikel, professeur de médecine et d’épidémiologie.

Plusieurs études ont montré que le cannabis est bénéfique pour les personnes atteintes notamment de maladies inflammatoires et celles qui souffrent d’obésité. C’est notamment dans ce cadre que le Maroc a décidé de légaliser les utilisations médicales et industrielles du cannabis. Dans ce sillage, le projet de loi n°13.21 portant usages licites du cannabis a été adopté jeudi par le Conseil de gouvernement.

La maladie de Crohn

Dans une déclaration à la MAP, Dr. Heikel a avancé que des études ont montré que chez les personnes atteintes de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (maladie de Crohn ou colite ulcéreuse), le cannabis a permis l’amélioration de la qualité de vie des patients, l’augmentation significative de leur poids, l’amélioration de leur indice clinique d’activité et le soulagement des symptômes diarrhéiques.

Les conclusions tirées d’une enquête transversale auprès de 291 patients atteints de maladie de Crohn ou colite ulcéreuse suggéraient que la grande majorité de ces patients avaient déclaré utiliser le cannabis pour soulager leurs douleurs abdominales et pour augmenter leur appétit, a fait savoir le spécialiste en maladies infectieuses et santé publique.

Contrairement aux patients atteints de la maladie de Crohn, une proportion plus élevée de patients atteints de colite ulcéreuse avait déclaré utiliser le cannabis pour soulager les symptômes diarrhéiques, a-t-il poursuivi.

L’obésité

En ce qui concerne les personnes souffrant d’obésité, Heikel a relevé que l’usage du cannabis contribue à la perte de poids, à l’amélioration de certains indicateurs métaboliques et à la régulation de l’équilibre énergétique et du métabolisme.

De plus en plus de données probantes suggèrent que le système endocannabinoïde  (composé de récepteurs du tétrahydrocannabinol, substance active du cannabis) joue un rôle important dans la régulation de l’équilibre énergétique et du métabolisme, étant donné qu’il exerce un contrôle régulateur sur chaque aspect lié à l’apport, au métabolisme et au stockage de calories, a indiqué le spécialiste.

 

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Pour les moyens et modes d’administration, l’expert a fait savoir que la manière dont le cannabis est consommé peut avoir une incidence sur ses effets.

Afin de maintenir les propriétés thérapeutiques de la plante, il ne faut pas la fumer mais la consommer autrement: spray buccal, inhalation, gélules, suppositoires, gouttes sous la langue, huiles ou patchs, a-t-il relevé, notant que la vaporisation permet de mieux maîtriser les doses.

« Il faut bien comprendre que l’on parle de cannabis à usage thérapeutique et non pas une utilisation récréative. La consommation de cannabis lorsqu’elle n’est pas maîtrisée, régulée et utilisée à des fins médicales peut être sévèrement nuisible pour la santé tant physique que mentale », a averti l’expert.