En visite au Sahara, les partis politiques signent la Déclaration de Laâyoune

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Crédit: H24info.

Les partis politiques marocains ont organisé une visite à Laâyoune afin d’y signer une déclaration dans laquelle ils s’engagent à défendre la cause nationale, dans un contexte marqué par une crise liée à l’intrusion de membres du front du Polisario dans la zone tampon.
Il est 10h du matin au palais des congrès de Laâyoune. La salle est archicomble et n’attend que l’entrée des leaders des partis politiques pour signer «la Déclaration de Laâyoune». Le parterre est composé de chefs des tribus, d’acteurs de la société civile et d’élus locaux, portant pour leur majorité les habits traditionnels de la région.
Tout a l’air préparé à l’avance et chaque détail a manifestement été étudié avec minutie. Le premier à lancer les travaux est le chef du gouvernement, Saâdeddine El Othmani, qui se présente en sa qualité de chef de parti politique et affirme qu’il n’est pas entant que chef du gouvernement mais entant que chef de la délégation des partis politiques. Il commence son allocution avec un rappel de l’actualité. «Des membres du Polisario ont investi la zone tampon, ce qui est contraire aux statut de l’ONU», martèle le secrétaire général du PJD.
Pour lui, le Maroc ne va plus tolérer de tels agissements et réagira en conséquence. «Cette nouvelle situation est dangereuse et ouvre la porte à toutes les hypothèses et toutes les options sont possibles», insiste le chef de gouvernement car «personne n’a obligé le Maroc à quitter cette zone en 1991. C’est le roi Hassan II qui a demandé à l’armée de se retirer de cette zone afin d’éviter tout accrochage et pour permettre à l’ONU de superviser la région».

Saad Dine EL Othmani, s’adressant aux partis politiques ce lundi à Laâyoune. Crédit: H24info.

Les nouvelles actions du Polisario nécessitent une réaction ferme de la part de toute la nation et son élite politique, selon El Othmani. «Cette réunion est un message clair que nous envoyons aujourd’hui à l’ensemble de la communauté internationale et une réaction ferme envers les provocations du Polisario», assure le chef de la délégation des partis politiques en visite à Laâyoune, appelant à un consensus national «pour contrer les offensives des ennemis de l’intégrité territoriale».
PAM, RNI, PPS et les autres…
Après cette entrée en matière, les élus locaux ont pris la parole en la personne de Hamdi Oul R’chid, en sa qualité de président du conseil communal de Laâyoune et Fatma Siyda, vice-présidente de la région de Laâyoun Sakia-Al-Hamra pour souhaiter la bienvenue aux leaders des partis avant de leur céder la parole.
Ilyass El Omari, SG du PAM, est monté ensuite au pupitre, donnant la plus courte déclaration de la matinée. Pour lui les choses sont claires: «La question du Sahara n’est pas un conflit frontalier mais une question d’existence». Ensuite, c’est Nizar El Baraka qui s’est exprimé insistant sur les sacrifices consentis par les marocains de toutes les régions du royaume pour lutter pour l’indépendance du pays. «Mais nous avons considéré que cette indépendance était incomplète jusqu’à l’organisation de la marche verte. C’est à partir de ce moment que nous avons pris notre «véritable indépendance», s’est-il exprimé.
Le chef du parti de la colombe, Aziz Akhannouch, est allé dans la même direction que ces prédécesseurs en dénonçant les manœuvres du Polisario qui ne respectent pas le processus de négociation ni les résolutions de l’ONU tout en appelant l’ONU à réagir pour cesser ces provocations, «sinon ce sera à l’Etat marocain de le faire», a-t-il jugé.
Laensar, doyen des chefs des partis politique a affirmé que «le but de cette réunion est de dire qu’on ne peut pas céder face à nos ennemis, surtout lorsqu’il est question de notre première cause nationale et qu’on est unis quand il s’agit de notre intégrité territoriale malgré nos divergences politiques».
Le chef de fil du PPS, Nabil Benadbellah, a réitéré, à son tour, le refus de la classe politique des agissements du Polisario. «Nous refusons toute tentative de changer le statuquo dans la zone tampon et nous voulons affirmer que le Maroc est prêt à tous les scénarios», a-t-il déclaré. Les autres partis politiques attendent leur tour pour s’exprimer devant la salle et détailler leurs positions politiques sur ce sujet avant la signature de «la Déclaration de Laâyoun».
 
De notre envoyé spécial à Laâyoune Abouammar Tafnout.