Vidéos. Parlement panafricain: quand les représentants Sud-Africains et Marocains en viennent aux mains

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Des scènes de chaos ont animé la quatrième session ordinaire de la cinquième législature du PAP (Parlement panafricain), qui se tient du 21 mai au 4 juin en Afrique du Sud. Les tensions entre représentants d’Afrique du Sud et du Maroc ont vite dégénéré en insultes, coups et même des menaces de mort.

La représentativité des pays de l’Afrique australe, conduits par l’Afrique du Sud, au Parlement panafricain était à l’origine des scènes de chaos et de violences entre délégations parlementaires.

Les différends ont débuté par un désaccord sur la rotation régionale des postes. En réalité, tout portait à croire que certains représentants tentaient d’écarter la favorite au scrutin pour la présidence de la PAP, la malienne Haidara Aïchata Cissé, proche du Maroc.

Des députés africains en sont même venus aux mains, se disputant l’urne qui devait permettre d’annoncer l’élection des instances dirigeantes du PAP.

Dans une déclaration à la MAP, Meryem Ouhssata, du Parti Authenticité et Modernité (PAM), a indiqué que la candidate du Mali, Haidara Aichata Cisse, qui a le plus de chances d’être élue en tant que présidente du PAP, a été harcelée depuis le début par le candidat du Zimbabwe, appuyé en cela par l’Afrique du Sud, en l’incitant à retirer sa candidature.

Les législateurs sud-africains, de mèche avec les députés zimbabwéens, ont essayé de retarder les élections par tous les moyens, a-t-elle souligné, arguant qu’en reportant les élections de jeudi à lundi, ils voulaient donner plus de chances au candidat zimbabwéen, sachant que les délégations soutenant la candidate malienne devaient retourner à leurs pays durant le week-end dernier.

«Malgré cette connivence, la candidate malienne a, le jour des élections, gardé toutes ses chances de gagner la présidence, ce qui a poussé les députés sud-africains et zimbabwéens à créer le chaos dans la salle», a dit Mme Ouhssata.

«Des menaces de mort ont même été proférées lors de cette séance électorale du PAP. Nos vies ont été menacées en tant que parlementaires», a-t-elle déploré, notant que lorsque toutes les tentatives des comploteurs ont été vouées à l’échec, Julius Malema, député sud-africain et chef du parti des combattants de la liberté économique (EFF), «a confisqué les urnes à l’aide de ses gardes du corps armés».

 

Les violences survenues au siège du Parlement panafricain à Johannesburg «ternissent l’image de cette honorable institution», a déploré le Président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat.

Le président de la Commission de l’UA a appelé, dans un tweet, les parlementaires à se ressaisir et à se conformer aux règles et procédures de l’institution.

«Les scènes de violence choquantes qui se déroulaient (…) au Parlement panafricain ternissent l’image de cette honorable institution. J’appelle tous les parlementaires à se ressaisir et à se conformer aux règles et procédures de l’institution», souligne Moussa Faki Mahamat.

Mardi soir, le Parlement panafricain a annoncé, dans un communiqué, la suspension sine die des travaux de la quatrième session ordinaire de sa cinquième législature.

«Le Secrétaire général du Parlement panafricain, M. Vipya Harawa, a suspendu sine die les travaux de la quatrième session ordinaire de la cinquième législature de l’institution», a indiqué le Parlement panafricain qui ne s’était pas réuni depuis octobre 2019 en raison de la pandémie du Covid-19.