Vidéos. Ambiance tendue à Al Hoceima, les manifestants ne décolèrent pas

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Contrairement à d’autres villes, la manifestation en soutien aux détenus du Rif s’est déroulée dans le calme à Al-Hoceima, clôturée par un discours poignant du père de Nasser Zefzafi. Reportage de nos envoyés spéciaux.

A Hay Sidi Abid, quartier populaire d’Al-Hoceima situé non loin du centre-ville, les forces de l’ordre sont omniprésentes en cette nuit du 30 mai, leurs véhicules aussi. Massés à chaque coin de rue, les centaines de policiers et d’agents du BRI surveillent les nombreux marcheurs qui se faufilent entre les rues du quartier populaire. Drapeaux amazighs et pancartes à l’effigie de Nasser Zefzafi entre les mains, les habitants d’Al-Hoceima sont sortis pour la quatrième journée d’affiliée, 48 heures après l’arrestation de leur leader dont ils réclament la libération.

 

 

Alors que d’autres manifestations de soutien au Hirak ont été rapidement dispersées par la police ailleurs, à Al Hoceima, la police laisse faire. Même si la tension est palpable. L’impressionnant dispositif sécuritaire est là pour nous le rappeler avec de nombreux camions anti-émeutes parqués à plusieurs coins de rues. Fini les rassemblements monstres qui se déroulaient sur la grande place de la ville où l’on voyait Nasser Zefzafi haranguer la foule avec en arrière-plan l’azur de la mer. Depuis la série d’interpellations et les débordements qui ont suivi le prêche du vendredi 26 mai, les manifestants se donnent désormais rendez-vous à Hay Sidi Abed.

Hier soir, la manifestation s’est encore une fois déroulée dans le calme alors qu’une bonne partie des magasins de la ville sont restés fermés, grève générale oblige. Une manifestation clôturée par un discours vibrant du père de Nasser Zefzafi, qui a insisté sur le maintien du caractère pacifique du mouvement de contestation. «Je vous exhorte, Silmiya, Silmya et encore Silmya», a-t-il lâché devant une foule compacte, où les femmes étaient très nombreuses. Certaines avaient même pris la parole hier soir pour réclamer la libération de tous les détenus qu’elles qualifient de «politiques», dont Nawal Ben Aïssa, la nouvelle égérie féminine du Hirak.

Le sit-in a pris fin vers minuit, dans le calme, comme il avait débuté. Certains meneurs de la manif ‘ s’employaient même à faire taire certains trublions pour d’éviter tout accrochage avec les forces de l’ordre.

https://www.youtube.com/watch?v=ii-kd4YCIws

 

Plus tôt dans la journée, 32 manifestants comparaissaient devant le tribunal d’Al Hoceima, en présence de nombreux avocats venus les défendre, dont l’ancien ministre des Droits de l’Homme Mohammed Ziane. Une audience à l’issue de laquelle le tribunal a décidé de poursuivre 7 personnes en état de liberté provisoire tandis que 25 autres sont toujours en état d’arrestation.

Hier tard dans la soirée, une énième figure de la contestation populaire à Al Hoceima, Chakir El Makhroute, a été interpellée, ont affirmé plusieurs militants.