Video. Le témoignage poignant de Khadijatou Mahmoud, victime présumée de Brahim Ghali

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Khadijatou Mahdmoud dans une interview accordée au média espagnol OK Diario./DR

Khadijatou Mahmoud affirme avoir été violée par le chef du Polisario, Brahim Ghali. Onze ans plus tard, la jeune femme demande que justice soit faite. Dans une interview accordée au média espagnol OK Diario, elle révèle également les atrocités qui se produisent dans les campements par les milices du Polisario, «qui ne sont qu’une copie de Daech».

 

«J’avais 18 ans, j’étais vierge», se remémore Khadijatou Mahmoud qui dénonce depuis des années l’agression sexuelle que lui aurait fait subir le chef du Polisario, Brahim Ghali.

Les faits remontent à l’époque où Brahim Ghali était le représentant de la «rasd» à Alger. La jeune femme, qui exerçait en tant de traductrice, veut alors quitter les camps de Tindouf.

Brahim Ghali la convoque à 19H00 à l’ambassade du Front Polisario en Algérie, explique-t-elle. Mais une fois sur place, la jeune femme est violemment attaquée puis violée selon ses dires. «Il m’a violé, il m’a manqué de respect, il m’a fait subir toutes sortes de choses», affirme-t-elle.

En 2010, Khadijatou dépose plainte contre lui en Espagne, où elle s’installe définitivement. «Le viol continue de m’affecter, évidemment. C’est quelque chose qui m’accompagne toujours. Je ne peux pas dire que c’est fini», confie la jeune femme, qui a récemment renouvelé sa plainte après avoir su que Brahim Ghali était hospitalisé en Espagne.

 

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«Vous ne pouvez pas oublier une agression aussi cruelle du jour au lendemain (…) je ne suis pas capable, c’était il y a 11 ans, mais pour moi, c’était hier», poursuit-elle.

Le Polisario est une copie de Daech

Khadijatou Mahmoud souligne qu’elle ne serait pas la seule victime de viol dans les campements. D’ailleurs lorsque l’un de ses oncles à su qu’elle avait déposé plainte contre Brahim Ghali, il l’appela et lui dit «ma fille, tu sais que lorsque nous étions au combat, à la guerre, il a repris nos femmes? Il nous envoyait, puis il retournait chez nous pour violer nos femmes».

«Quand une femme tombe enceinte avant le mariage, ils l’emmènent dans une prison entre les camps de Laâyoune et Es-Semara. Elle reste enfermée jusqu’à ce qu’un homme se propose pour l’épouser. Si aucun homme ne se présente, elle reste en prison pour le reste de sa vie», affirme-t-elle.

« Si les femmes victimes parlaient, pas seulement de lui, de nombreuses personnes capables de violer encore et encore … le Front Polisario n’existerait pas», explique-t-elle, avant d’affirmer que «les femmes des camps n’élèveront jamais la voix, elles ne seraient jamais capables de parler».

 

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Khadijatou Mahmoud, née dans les camps de Tindouf, finit par affirmer que «le Polisario est une copie de Daech», et déplore que «les gens ne soient pas au courant de ce qui se passe dans les campements».

Pour rappel, après s’être assurée de son identité, la justice espagnole a cité à comparaître le 1er juin Brahim Ghali. Une comparution qui pourrait toutefois ne pas avoir lieu, au vu de son état de santé.