Vidéo. Un ftour sous la tente avec l’association Ndir Lkhir

Pendant le mois du Ramadan, beaucoup d’associations axent leurs actions sur la fourniture de denrées de première nécessité et la préparation de ftours pour les démunis. Parmi elles, l’association Ndir Lkhir organise depuis trois ans la rupture du jeûne dans des tentes installées dans les quartiers défavorisés de Casablanca. 

Créée en 2016, l’association Ndir Lkhir a pour but de faire face aux besoins des populations les plus démunies. A l’occasion du mois de Ramadan, elle a distribué plus de 600 paniers dans des régions recluses du royaume – en particulier pour les personnes malades et les veuves – aux environs de Tiznit, El Hajeb, Taliouine et Casablanca.

Quatre tonnes de dattes et 4.000 litres de lait et d’eau ont également été dispensés dans plusieurs mosquées de Casablanca pour la rupture du jeûne et les Tarawih.

Les paniers d’aide de Ndir Lkhir contiennent sardines, conserves de tomate, farine, confiture, thé, pois chiches, lentilles et huile.

Pour la distribution de ftours au quotidien, l’association, basée à Lissasfa, à Casablanca, a choisi l’option de huit grandes tentes installées dans des quartiers défavorisés de la capitale économique. A l’intérieur, tables et chaises sont disposées pour accueillir environ 200 jeûneurs (plus ou moins en fonction des tentes).

« On démarre avec 1.250 ftours par jour et on espère arriver à 1.500 », ambitionne le président de Ndir Lkhir, Jalil Sentissi, qui a préféré sous-traiter la préparation des plateaux repas à des traiteurs partenaires. « La première année, on a préparé nous-mêmes nos iftars mais la gestion fût assez difficile », confie-t-il. « On préfère que chaque traiteur prenne sa responsabilité et on met un point d’honneur à l’hygiène et la sécurité: les tentes sont anti-feu, toutes les denrées sont achetées le jour même, les mesures d’hygiène respectées ».

 

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Les quatre traiteurs partenaires (qui gèrent chacun deux tentes) ont convenu des tarifs préférentiels avec l’association. « Ils font du bénévolat à leur manière car ce qu’ils gagnent reste minime », explique le président de l’association qui a réparti les traiteurs entre les quartiers de Sbata, Lissasfa, Derb Sultan, Sidi Moumen, Hay Mohammedi, Hay Jawadi et Sidi Hajjaj.

En ce premier jour de Ramadan, le 7 mai dernier, H24Info a suivi le traiteur Kabbaj qui gère la rupture du ftour dans une tente située à Sbata, proche de la mosquée Lalla Fatima-Zahra. Fatima-Zahra Kabbaj est bien connue dans ce quartier où tout le monde l’appelle « Hajja », et pour cause, elle gère avec rigueur et passion cette tente ramadanesque depuis maintenant quatre ans.

D’ailleurs, la plupart des bénéficiaires sont des habitués. Mohammed* (les prénoms ont été modifiés), l’un d’eux, raconte revenir chaque année et apprécier énormément la cuisine de Hajja. « L’association est très bien organisée, le problème, c’est plutôt les bénéficiaires qui ne respectent pas les quantités. Par exemple, au lieu de prendre une datte, ils en prennent plusieurs et veulent même en rapporter chez eux », regrette-t-il, saluant les efforts appréciables de l’association pour varier les menus.

 

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De son côté, Malika* a déjà testé trois tentes mais « il n’y a pas mieux que la tente de Hajja », reconnaît-elle avec enthousiasme, « car tout est bien, l’organisation comme la nourriture ». Quand certains prient la prière du coucher du soleil à la mosquée, d’autres rompent le jeûne à la tente, et ensuite, ils échangent, raconte Hajja qui réussit parfois à atteindre trois tournées de ftours dans la même soirée.

Pour Fatima Zahra Kabbaj alias Hajja, cette action est très importante. Dévouée, elle y met  beaucoup de cœur et c’est sans doute la raison pour laquelle elle est très appréciée des habitants du quartier (et pour sa harira légendaire). « Même si on a laissé nos enfants, nos maisons…il faut qu’on soit présents, sinon, c’est comme s’il nous manquait quelque chose », conclue-t-elle.