Vidéo. Tout savoir sur la greffe capillaire

Dr Mohamed Alami, spécialiste de la greffe capillaire.

La greffe ou «implant» capillaire suscite de plus en plus l’engouement des jeunes et moins jeunes car cet acte esthétique est désormais bien modélisé grâce à des outils en constant perfectionnement. Pour en savoir davantage, H24info est allé à la rencontre de Dr Mohamed Alami, spécialiste de la restauration capillaire exerçant à Casablanca.

A l’arrivée au cabinet médical d’esthétique et de greffe capillaire du Dr Alami, la propreté chirurgicale et la sérénité de l’espace mettent en confiance. Diplômé en chirurgie restauratrice de la calvitie de l’Université française Claude Bernard à Lyon, le docteur pratique la greffe capillaire depuis 7 ans.
La greffe capillaire apporte une solution au «problème» de l’alopécie plus connue sous le nom de calvitie. La forme la plus répandue d’alopécie est l’androgénétique, déterminée par l’hérédité. Elle touche principalement les hommes, soit 30% des plus de 30 ans et 50% des plus de 50 ans.
Il s’agit d’un processus progressif. Elle commence vers l’âge de 25 ans et évolue petit à petit jusqu’à provoquer vers 30 ans un vide définitivement installé au niveau du crâne. «C’est à ce moment-là que la greffe capillaire devient un outil adapté à cette problématique», explique Dr Alami.
Miroir mon beau miroir
Notre crane est composé en moyenne de 100.000 à 150.000 follicules pileux, se renouvelant 20 fois dans une vie. Pour les personnes sensibles aux hormones mâles, ce cycle va se faire sur une période beaucoup plus courte (par exemple au lieu de se faire sur 70 ans, il va se faire sur 20 ans). Les cheveux vont alors se miniaturiser et tomber. C’est à ce moment là qu’on cherche des solutions, parmi lesquelles la greffe capillaire.
Tout le monde n’est pas candidat à la greffe capillaire. Parmi les conditions requises, la chute de cheveux doit être stable et ne pas évoluer dans le temps, et la personne ne doit pas présenter de contre-indications de type maladies cardiaques, respiratoires ou problèmes sanguins.
Recourir à la greffe capillaire n’est pas une nécessité médicale mais répond avant tout à une considération esthétique. «L’alopécie n’est pas une maladie», rappelle le praticien, «elle cause néanmoins un préjudice esthétique et souvent émotionnelle à la personne car des problèmes de confiance en soi sont mentionnés».
Ne dit-on pas que la moitié de la beauté de la femme est contenue dans ses cheveux ? Si la perte de cheveux peut être difficile à vivre pour un homme, elle l’est d’autant plus pour une femme dont la chevelure a toujours été symbole de féminité et sensualité dans plus d’une culture. 30% des cas traités par Dr Alami sont des femmes.
A partir d’un certain âge, la ménopause entraîne un déséquilibre hormonal pouvant entraîner une perte significative de sa chevelure. Contrairement à l’homme, la femme ne perdra pas la totalité de son capital capillaire, il restera toujours un petit duvet.
Les techniques de greffes
Tout a commencé avec la technique de la bandelette avec laquelle une partie du scalp à l’arrière de la tête était récupérée  pour replanter les petits follicules à l’avant de la tête. Aujourd’hui on utilise la FUE soit le prélèvement cheveu par cheveu, permettant de prélever une zone plus étendue. Les avantages ? Pas de cicatrices comme avec la bandelette et un rendu plus homogène et harmonieux.
Aujourd’hui, la FUE se divise en trois techniques. La FUE basique nécessite le rasage complet de la tête, pouvant poser quelques difficultés pour les femmes. A été développée alors la FUE patchy ne nécessitant que le rasage d’une mini-bande à l’arrière et aucun rasage au niveau de la zone à implanter. «Selon moi, c’est un non sens de raser les femmes, ça a beaucoup d’impact sur leur émotionnel et leur psyché», explique Dr Alami, se réjouissant de cette technique. La dernière, la FUE sans rasage est encore plus développée, ne nécessite aucun rasage et permet de réimplanter des cheveux longs.
Une seule séance de travail est nécessaire sauf pour les grandes zones pour lesquelles sont pratiquées des méga-séances ne dépassant pas une durée de 6h. A savoir qu’il s’agit d’une procédure ambulatoire où le patient est anesthésié localement.
Les étapes d’un projet de greffe capillaire :

  • Etude du potentiel de la zone demandée.
  • Vérification des contre-indications.
  • Etablissement des dimensions de la zone à greffer.
  • Extraction des greffons grâce au mini robot composé de «punchs» très fins qui réduisent les trous et les dommages de la peau.
  • Conservation des greffons dans une solution saline maximum 8h.
  • Implant des meilleurs greffons grâce aux implanteurs dernière génération.

Attention greffe lowcost
Au Maroc, ce sont des médecins qui pratiquent cet acte répondant aux obligations internationales. «Sous d’autres cieux, on voit que ce sont des techniciens qui font cet acte pour des résultats nettement moins qualitatifs», déplore le médecin. Pratiquer la greffe capillaire nécessite un diplôme universitaire pour des médecins. Cela nécessite aussi beaucoup de pratique et de suivi dans l’évolution des méthodes en participant à des congrès et séminaires.
«Au Maroc, nous avons les compétences pour le faire», affirme notre interlocuteur.  «Le problème, c’est quand les gens partent ailleurs, ils doivent s’informer de qui va faire la greffe. Beaucoup partent en Turquie, devenue le lowcost de l’implant alors que le faire au Maroc n’est pas plus cher si l’on prend en compte les dépenses de voyages ainsi que les risques éventuels», regrette-t-il. En moyenne, une greffe capillaire coûte dans les 10 000 DH au Maroc.
Entre de bonnes mains, la FUE est une excellente technique. 99% des cas greffés sont une réussite. Le résultat d’une greffe capillaire est obtenu au bout de 12 mois (parfois 7 mois) et la densification finale au bout de 18 mois. Tout au long de cette période, le patient nécessite un suivi régulier par son médecin, «chose qu’il n’a pas sous d’autres cieux», met en garde le médecin. Il y a un protocole post-greffe à suivre avec de l’eau thermale et des shampoings spéciaux ou encore des séances de PRP (réinjection de sang dans le cuir chevelu).