Vidéo. Tanger: le long combat d’un MRE exproprié de son terrain

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Omar Oulah Lhadj. (c)DR

Depuis plusieurs années, Omar Oulad Lhadj mène un bras de fer avec les autorités à propos d’un lot de terrain dont il a été exproprié près de Tanger. L’affaire devrait bientôt connaître un dénouement.

Omar Oulad Lhadj a émigré en France en 1970, et s’est installé à Orléans depuis. En bon fils du royaume, le natif de Tifarouine, dans la région d’Al-Hoceïma, a acheté un terrain avec une maison près de l’aéroport de Tanger-Ibn Battouta, à Boukhalef, où il prévoyait de couler des jours en paix. Mais, ses espoirs sont bousculés dès 2003, lorsque les responsables de l’aéroport manifestent leur intérêt pour la propriété. C’est là que commence le calvaire.

Oulad Lhadj se montre disposé à vendre son bien, mais un silence radio s’ensuit. Venu au Maroc s’enquérir de l’évolution du dossier, il apprend d’un responsable de la préfecture de Tanger que la valeur de sa maison a été fixée à 140 dirhams le mètre carré. «Or, la valeur du bien est estimée à 2 000 dirhams le m2. Je lui ai répondu que 140 dirhams, c’est dérisoire», raconte-t-il dans une vidéo postée sur YouTube.

 

 

Quatorze ans après, le bras de fer continue. Entre-temps, le dossier a été transféré à Casablanca sans grand changement et l’affaire a été portée devant la justice. Un expert désigné par la justice a estimé à 250 dirhams le m2 le bien d’Oulad Lhadj, qui a fait appel à un autre expert assermenté selon qui le lot de terrain vaut bien 2.000 dirhams le m2. Dans la foulée, on a interdit au propriétaire de construire, de planter ou de faire des travaux sur son bien.

Exproprié de son terrain et n’entrevoyant aucune issue positive, l’homme de 67 ans a entamé il y a quelques jours, une grève de la faim devant le consulat du Maroc à Orléans. Une mesure qui a beaucoup inquiété sa famille: «Nous dormons très peu, on a le ventre noué, on ne sait pas jusqu’où ça va aller, on n’a pas d’appétit. Finalement, c’est comme si on faisait grève de la faim avec lui», a confié par téléphone à H24Info son fils Bilal Oulad Lhadj.

 

 

Une lueur d’espoir
L’action d’Omar Oulad Lhadj n’est pas passée inaperçue. Un mouvement intitulé «Justice pour Omar» a vu le jour sur les réseaux sociaux, et une manifestation de soutien s’est tenue vendredi 19 mai devant le consulat du Maroc à Orléans. Ce même jour, au grand soulagement de sa famille et de ses proches, le sexagénaire été reçu par le consulat et a mis fin à sa grève de la faim, après 48 heures sans ingurgiter la moindre nourriture.

Par ailleurs, Bilal Oulad Lhadj nous a informés: «En ce samedi 20 mai 2017, nous avons reçu un appel de Rabat. Nous nous y rendons dès lundi». Le cri de cœur de son père aurait donc été entendu. Et même s’il est trop tôt pour célébrer une victoire, force est de reconnaître qu’une étape a été franchie: Oulad Lhadj a réussi à faire réagir les autorités. La lutte continue.

 

Par Mohamed Koné