Vidéo. PJD et RNI à couteaux tirés

Les déclarations de Rachid Talbi Alami à l’encontre du PJD n’ont pas plu aux dirigeants du parti de la lampe. Depuis, les deux partis se livrent une bataille par presse interposée.
Lors de l’université d’été de la jeunesse du rassemblement national des indépendants (RNI), qui s’est tenue le weekend dernier, l’actuel ministre de la Jeunesse et des Sport est revenu sur les dernières élections partielles de M’diq-Fnideq, remportées par le parti de la colombe. Le membre du bureau politique du RNI a expliqué que «les Marocains ne font désormais confiance qu’au RNI», et ce malgré les agissements d’un parti, qui a entrepris depuis 2010 une démarche politique qui vise à discréditer l’ensemble des composantes politique du pays.

Rachid Talbi Alami a ajouté que «ce comportement vise à nuire au parlement, aux partis, aux leaders politiques et aux institutions constitutionnelles » et ajoute que «ledit parti est en train de ruiner et de détruire l’économie marocaine». Ses agissements, selon le ministre, viennent pour masquer le manque de «légitimité» du parti. Ses déclarations ont été interprétées par le PJD comme attaque frontale le visant et les réactions n’ont pas tardé.
Le lendemain, le vice-secrétaire général du PJD, Slimane El Omrani a réagi aux propos de Talbi Alami en lui adressant une lettre qu’il a publiée sur sa page Facebook. El Omrani y a exprimé son indignation et sa stupéfaction après une telle sortie, expliquant que les déclarations du leader du RNI ont dépassé «le cadre de la critique politique». Le numéro 2 du PJD, explique que cette attaque a affecté plusieurs membres du PJD. «Ce sont des positions graves, nuisibles et non acceptables qui violent de manière flagrante la charte de la majorité dont votre parti est signataire», a-t-il écrit dans son message.

La réponse d’El Omrani fut cinglante: «Auriez-vous oublié que votre parti n’a eu que 37 sièges lors des élections de 2016, mais qu’il avait contrôlé, d’une manière incompréhensible, le processus de la constitution du gouvernement…». Ces déclarations ont eu des retombées néfastes sur la coalition gouvernementale, ce qui a poussé le PPS à intervenir pour  demander aux deux partis de «faire preuve de retenue».
Le deuxième round
Dans la soirée de la sortie d’El Omrani, le membre du bureau politique du RNI, Mustapha Baitas a répondu au leader du PJD. Baitas a rappelé au vice SG du PJD le nombre des sorties virulentes de ses militants à l’encontre du RNI, en allusion aux discours d’Aftati et de Hamidine, qui avaient exigé le retrait du RNI du gouvernement. Pour ce qui est la légitimité, le membre du bureau politique du RNI est revenu sur le processus de la formation du gouvernement. «Nous sommes entrés au gouvernement par conviction et suite à une décision souveraine. Personne ne nous a fait de cadeau, nous y sommes représentés grâce au rapport de force et au poids  de notre parti dans la société», a-t-il assuré.

Le secrétariat général du PJD, réuni le 25 septembre, a publié un communiqué dans lequel, le parti est revenu sur ces joutes verbales et a exprimé son indignation suite aux déclarations de Talbi Alami. Pour eux, cette sortie constitue une atteinte et une attaque grave au parti qui dirige la coalition gouvernementale et nuit au climat de confiance, nécessaire pour consolider la majorité gouvernementale. «Les déclarations d’un ministre du gouvernement ne respecte, aucunement, la charte de la majorité», peut-on lire dans le communiqué.

Mohamed Aujjar, quant à lui, s’est étonné «des attaques qui visent notre frère, Rachid Talbi Alami», assurant que le membre du BP du RNI a exercé son droit le plus absolu à la parole en abordant des problématiques politiques devant la jeunesse du parti. Pour le ministre de la justice, les propos tenus par le ministre de la jeunesse et des sports son respectables et que le PJD se doit de respecter les valeurs des droits de l’homme et le droit à la différence. Affaire à suivre…