Vidéo. Moulay Hicham accuse Béji Caïd Essebsi d’avoir pris la décision de l’expulser

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Lors de son passage sur France24, le prince Moulay Hicham a affirmé que la décision de sa récente expulsion de la Tunisie a été prise par le Président de la République. Le « prince rouge » livre également sa version des faits. 

« Il n’y a aucun doute que la décision a été prise au niveau du président (…) et celui qui l’a prise s’est fait humilier lui même » a affirmé le prince Moulay Hicham lors de son passage le 11 septembre sur la chaîne France24, en réaction à son expulsion le 8 septembre de la Tunisie. « Le chercheur Hicham El Alaoui », comme il a insisté à le rappeler lors de son interview, se trouvait en Tunisie pour donner une intervention à l’Omidyar Network Leadership Forum, une conférence organisée par le Center on Democracy, Development, and the Rule of Law (CDDRL) de l’Université de Stanford en Californie.

Interrogé sur le silence radio des autorités marocaines sur son expulsion, le prince commente: « je ne peux parler au nom des autorités marocaines ou du ministère des Affaires étrangères, tout ce que je remarque c’est que j’ai été transporté en France, alors qu’on devait le faire vers le Maroc ».

Sa version des faits

Dans une autre interview avec le site tunisien Nawaat, le « prince rouge », cousin germain de Mohammed VI, est revenu sur les circonstances de son expulsion : »au début, c’est à l’hôtel où des policiers, accompagnés par le directeur de l’hôtel, m’ont approché. Ils ont précisé qu’ils appartiennent à la sécurité de l’aéroport, et ont décliné leur identité quand j’ai demandé à voir leurs badges (…) mais ils m’ont dit qu’il y avait un problème à résoudre concernant la douane. J’ai répondu que si c’était un problème de douane, il faudrait inspecter ma chambre et mes affaires ». Les affaires et la chambre du prince seront fouillés par la suite, avant qu’il ne soit chassé de l’hôtel.

« En sortant de l’hôtel, les policiers s’attendaient à ce que je les accompagne à l’aéroport dans un véhicule fourni par l’hôtel. Mais j’ai demandé de monter avec les policiers dans leur véhicule officiel puisque je voulais qu’il soit clair que j’étais officiellement sous leur responsabilité en cas de n’importe quel risque pour ma vie », raconte Moulay Hicham.

« Les policiers m’ont emmené directement à l’aéroport », poursuit-il. « Le directeur d’Air France m’a informé qu’on lui avait demandé de me réserver une place pour le vol en partance vers Paris (…) je me suis adressé aux policiers pour dire que c’était une expulsion forcée et qu’il faudrait donc une explication. J’ai demandé une documentation officielle confirmant cette déportation et ses raisons légales. La police a donc reconnu que tant que je n’ai commis aucun crime ou délit, ils ne pouvaient pas fournir de documents officiels » détaille le prince, avant de préciser qu’il a demandé « en l’absence de documentation officielle », d’être menotté avant qu’il ne se fasse monté à bord du vol. « C’était le cachet ou les menottes. Après 45 minutes d’attente, ils ont cédé et ont tamponné le passeport » conclu Moulay Hicham. 

Durant ces deux passages sur France24 et le site Nawaat, l’auteur du « prince banni » a tenu à garder une distance avec les analyses qui impliquent le Maroc dans cette affaire. « Je ne me suis pas adressé aux autorités marocaines pour savoir davantage sur ma situation, et je n’ai aucune idée concernant leur implication. Je n’ai pas envie de spéculer » a-t-il plusieurs fois tenu à préciser.