Vidéo. Le trafic de fossiles bat son plein à Erfoud

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La vallée du fleuve Ziz dans laquelle se niche la petite ville d’Erfoud, au sud-est du pays, enregistre pas moins de 500 variétés de fossiles. Une ressource exceptionnelle pour les commerçants et trafiquants qui profitent de ce marché non régulé par une législation précise. 

Selon un reportage AFP relayé par le site France TV Info, la région d’Erfoud représente « le plus grand musée de fossiles à ciel ouvert du monde ». Des pièces rares datant de plusieurs dizaines de millions d’années comme des squelettes fossilisés de dinosaures donnent la manne à un marché informel couru par les amateurs, les savants, les commerçants et les trafiquants.

En 2016, l’AFP, selon des estimations locales, avançait que 70% de la population d’Erfoud (environ 30.000 habitants) vivraient de cette activité comportant plusieurs acteurs sans licences: des ramasseurs, également appelés extracteurs, en passant par les artisans qui retravaillent les pièces, jusqu’aux commerçants qui, en bout de chaîne, prennent la plus grosse part du gâteau. Interrogé par Libération, un ramasseur raconte avoir vendu deux fossiles marins pour 3.500 dirhams à un grossiste. Un tarif qui sera multiplié par dix pour les touristes ou les collectionneurs.

 

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Ainsi, il est courant de retrouver des fossiles marocains dans les musées internationaux ou des ventes aux enchères sans aucune traçabilité ni autorisation de son acheminement. Le média français cite l’exemple remarqué, en 2017, du squelette d’un plésiosaure (reptile marin) vendu aux enchères à Paris sans que personne ne sache comment il avait pu quitter le territoire marocain.

Sensibilisés par la perte de ce trésor national, le ministère de l’Énergie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement et l’Association pour la protection du patrimoine géologique (APPGM) travaillent actuellement ensemble sur un plan d’action via un texte de loi spécifique pour encadrer l’extraction, la commercialisation et l’exportation, interdire celle des pièces rares et fonder une collection nationale.