Vidéo. Le « tabou » de la sexualité au Maroc abordé dans un documentaire sur M6

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« Sexe et amour au Maghreb », c’est le titre du dernier documentaire d’Enquête exclusive, l’émission dominicale de M6 présentée par Bernard de La Villardière. Réalisée par la journaliste Michaëlle Gagnet et produite par Géraldine Levasseur (GIRAF PROD), l’émission aborde des sujets sensibles au Maghreb (Maroc et Tunisie) tels que la virginité, le mariage, le harcèlement de rue, le sexisme ou encore les relations sexuelles hors mariage et les éventuels grossesses qui en découlent.

« Là, je commence à rétrécir la cavité vaginale. Le but est de la reconstituer comme si elle n’avait jamais été touchée », explique le médecin tunisien Dr Ajri,« toujours pour faire plaisir au futur mari », ajoute-t-il avec lassitude. L’émission explique qu’en Tunisie cette opération coûte environ 300 euros. Comme de nombreuses tunisiennes, la jeune femme sous couvert d’anonymat « n’a pas eu le choix » et a subi cette opération sous anesthésie générale pour recréer un hymen artificiel et cacher sa non-virginité.

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« Au Maroc, la situation est dramatique pour celles qui ont des enfants nés hors-mariage », énonce la voix off pour introduire la partie sur le royaume chérifien. « Elles risquent jusqu’à un an de prison. Plus de 50000 enfants naissent chaque année hors mariage. Selon les associations, 24 bébés seraient abandonnés chaque jour », poursuit-elle.

Parmi ces associations, l’Institut national de solidarité avec les femmes end étresse (INSAF) accueille les mères célibataires, souvent chassées de leurs familles. L’émission cite 20 jeunes femmes entre 17 et 35 ans accueillies ac leurs bébés au moment du tournage. Contrairement à la Tunisie, l’avortement est interdit et passible de deux ans de prison, rappelle le documentaire.

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« Au Maroc, un enfant né hors mariage est considéré comme une honte », peut-on entendre. Pour exemple, Ryme a vécu 4 ans ac son petit ami en ayant contracté seulement un mariage religieux. Ce dernier lui promettait chaque jour de signer le contrat légal, promesse jamais tenue jusqu’à ce que la jeune femme tombe enceinte et qu’il l’abandonne avec violences.

La partie marocaine du reportage chute sur le commentaire de l’écrivain et artiste franco-marocain Tahar Ben Jelloun. « C’est une image assez fidèle de la complexité maghrébine, c’est-à-dire qu’on peut faire beaucoup de choses à condition de se cacher et d’être hypocrites (…) ». Sa thèse ? L’amour libre au Maghreb ne sera possible qu’à travers une émancipation culturelle. Et lorsque le présentateur lui demande pourquoi cette société a si peur de la sexualité, il répond que dans le monde arabe l’honneur de la famille est focalisé sur l’idée de pureté. « L’homme tient à la virginité car on lui a appris qu’une femme qui n’est pas vierge est une pute…cette mentalité est dégueulasse », conclue-t-il, outré.