Vidéo. Des slogans et des chants du Polisario à la faculté d'Agadir

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La tension reste encore palpable à la faculté des lettres et des sciences humaines d’Agadir après le décès d’un étudiant lors des affrontements entre deux factions étudiantes rivales. Les étudiants sahraouis accusent le Mouvement culturel amazigh (MCA) d’être à l’origine de l’assassinat d’Abderrahim Badri.
Lourde ambiance hier matin à la cité universitaire de la faculté Ibn Zohra d’Agadir, deux jours après la mort d’un étudiant dans une confrontation entre deux factions étudiantes. Les étudiants sahraouis et ceux appartenant au courant des étudiants «basistes» (extrême-gauche) ont organisé une marche en mémoire de Abderrahim Badri tué samedi 19 mai
Durant cette marche, les étudiants sahraouis ont scandé des chants du Polisario et distribué des tracts appelant à se venger des étudiants du mouvement culturel amazigh, accusé d’être à l’origine du meurtre d’Abderrahim Badri.

ابرز لحظات #مسيرة_التأبين التي شهدها موقع أكادير الصامد مساء الاحد 20 ماي 2018#الطلبة_الصحراويين_في_خطر#إغتيالات_وإعتقالات_تستهدف_جيل#الشهيد_عبد_الرحيم_بدري

Publiée par ‎اللجنة الإعلامية للطلبة الصحراويين بموقع اكادير‎ sur Dimanche 20 mai 2018

Dans un communiqué publié sur la page facebook de la Coordination nationale du mouvement culturel amazigh, les étudiants sahraouis sont accusés d’«avoir attaqué les étudiants du mouvement amazigh dans la cité universitaire, et ce depuis le vendredi 18 mai», avant d’ajouter: «les attaques se sont poursuivies jusqu’à samedi (19 mai), lorsque ce gang a attaqué des étudiants et des activistes du mouvement culturel amazigh dans une atmosphère de peur et de crainte». Les militants du mouvement amazigh se sont dits surpris par l’attaque des étudiants sahraouis et ont préféré se retirer de la faculté des lettres pour éviter les dérapages.

De leur côté, les étudiants sahraouis ont aussi publié un communiqué sur leur page facebook où ils accusent le camp adverse d’avoir liquidé l’étudiant né à Asrir près de Guelmim. «Aderrahim Badri a été assassiné par le makhzen. C’est là où il est mort, non pas à côté des salles d’examens où passent les étudiants leurs examens en langue amazighe, comme relayés dans les médias,» affirment les étudiants sahraouis dans leur communiqué.

Selon nos sources, la majorité des professeurs étaient absents lundi, tandis que certains cours ont été perturbés par les slogans et les chants des étudiants sahraouis. Ces derniers étaient à la recherche des étudiants affiliés au MCA, ce qui a perturbé les cours qui se sont arrêtés à 13 heures, soit deux heures avant l’heure prévue.