Vidéo. Covid-19: prêts pour la réouverture, les salons de coiffure rongent leur frein

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Le secteur est à l’arrêt depuis pratiquement trois mois, une situation inédite qui met à mal de nombreux professionnels. Sans plan dédié, les opérateurs du bien-être et de l’esthétique lancent un cri d’alarme et espèrent reprendre leur activité dans les plus brefs délais. 

Le coup de massue a été donné le 16 mars. Tout comme les restaurateurs, les gérants de salle de sports et ceux des salles de cinéma, les professionnels du bien-être et de l’esthétique ont été notifiés de l’ordre de fermeture de leur établissement seulement quelques heures avant son entrée en vigueur. 

Depuis, pratiquement trois mois se sont écoulés et aucune communication officielle ne leur a encore été adressée, dénoncent-ils. Livrés à eux-mêmes, les professionnels du secteur ont essayé de faire face de façon solidaire à cette crise sans précédent. 

Seaade, distributrice de produits cosmétiques, s’est jointe au groupement d’une centaine de professionnels qui s’est formé durant le confinement. “C’est comme si nous n’existions pas (…) mais ce que nous ne comprenons pas, c’est pourquoi on nous ignore et on ne parle pas de nous. D’ailleurs, les salons de coiffure ne sont même pas recensés au Maroc. Mais sprès toutes les études de marché que j’ai élaborées, je peux vous avancer le chiffre de 30.000 salons sur tout le territoire”, explique Seaade.

 

 

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Joint par H24 Info, nombreux autres collègues affirment avoir été “délaissés”, et dénoncent le fait que leur profession est “considéré comme un sous-métier” ou d’être les “oubliés de nos responsables”. 

Un secteur aux oubliettes

Des milliers des commerces fermés et des salariés sans salaire pendant des mois. “Certains croulent sous les charges, alors que d’autres salariés n’ont même plus de quoi manger, c’est ça la réalité”, se lamente Seaade.

“Toute la profession souffre et bien évidemment les salariés en premier. Quand bien même certains ont perçu les indemnités de la CNSS, car ils avaient la chance d’être déclarés, d’autres ne l’étaient pas. Et déclarés ou pas, beaucoup de ces salariés comptent sur les pourboires des clients”, poursuivent notre interlocutrice.

Imane est gérante d’un salon de coiffure à Marrakech avec sept salariés, qui sont par chance tous déclarés à la CNSS. “Les premiers mois j’ai complété le salaire pour les aider. Mais là sincèrement je ne peux plus”, confie-t-elle. Le même élan de solidarité a été adopté par de nombreux gérants et propriétaires de salons de coiffure et spa.

Mais avec les importantes charges qui leur incombent et sans aucune rentrée d’argent, les propriétaires sont à bout de souffle. De plus, plusieurs ont investi d’importantes sommes pour équiper leurs locaux pour la reprise. Des frais sanitaires et logistiques qui oscillent entre 15.000 et 30.000 DH selon les cas, mais parfois beaucoup plus quand il s’agit d’équiper plusieurs instituts.

Des salons suréquipés et sécurisés

A Casablanca, Anna qui gère un Spa, suit de près les mesures adoptées par ses confrères à l’étranger. “Je me suis renseignée sur internet et auprès de quelques amis sur leur expérience et les mesures qu’ils avaient prises”, nous explique-t-elle. 

Avant d’entrer dans les lieux, un kit est remis aux clientes dont on prend la température. Masques, sur-chaussures et couvre-chef sont distribués à chacune, détaille Anna. Des distributeurs de gel hydroalcooliques à pédale ont également été installés. “Les lieux ont entièrement été désinfectés et tous les postes de travail protégés par du plexiglas pour séparer la cliente de notre professionnelle, qui quant à elle disposera d’un kit pour désinfecter son poste de travail après chaque passage”, poursuit Anna.

Samira, gérante d’un salon de coiffure à Casablanca, a pris des mesures similaires grâce au partage d’expérience et de bons plans sur les groupes Whatsapp et Facebook créés par Seaade, la distributrice. Samira est allé encore plus loin en mettant en place des check-list à l’entrée. “Nous marquerons la date et l’heure exacte d’entrée de chaque cliente, à qui on prendra également la température. Nous lui demanderons aussi de nous communiquer le numéro de sa carte CIN. Des données qui pourront aider les autorités si jamais un problème se déclarait”, explique Samira.

Ces frais supplémentaire avaient conduit dans d’autres pays à l’imposition d’une “taxe Covid”. La question divise au sein du groupe des professionnels au Maroc. Si certaines aimeraient faire payer les kits à leurs clientes, d’autres y sont énergiquement opposées. Une question donc au cas par cas, qui doit encore être étudiée, confie l’une d’elles.

Par ailleurs, les clientes devront se plier à la prise de rendez-vous à l’avance. Certains avaient déjà entamé cette opération, croyant que les salons de coiffure et spa pourraient rouvrir à partir du 11 juin, date théorique du déconfinement, confient nos interlocutrices.

La reprise se fait attendre

Les professionnels du secteur se disent mainetnant inquiets si l’interdiction d’ouverture de leurs commerces est prolongée. “Aujourd’hui et pendant deux mois, les patrons des centres de beauté ont supporté toutes les charges courantes de leurs commerces sans se plaindre ni demander de l’aide  (…) Nous comprenons le danger et l’avons étudié pour éviter la contagion dans nos espaces”, affirme un autre gérant de salon de coiffure.  “Nous demandons aux autorités de prendre en considération nos efforts et d’autoriser l’ouverture des espaces qui répondent aux normes”, poursuit-il. 

“Sachant que beaucoup des instituts sont pleins de bonne volonté, nous sommes vraiment désespérés et consternés face à ce délaissement (…) Le plus important pour nous ce qu’on reprenne”, explique Seaade, la distributrice, pour qui la reprise sera très dure. “Nous savons très bien qu’on ne sera pas à 100% de notre chiffre d’affaires, mais ça sera essentiellement pour reprendre du travail et survivre”.

 

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“Le secteur de la coiffure et spa au Maroc constitue un élément-clé dans l’activité commerciale du pays, avec sa taille en nombre de salons ainsi que la masse salariale engagée”, affirme un autre gérant de salon de coiffure à Casablanca.

Un secteur qui fait d’ailleurs des envieux à l’étranger. La dernière étude en date du Global Wellness Institute plaçait le Maroc comme le deuxième marché le plus prometteur dans la zone MENA dans le secteur du tourisme de bien-être.

Plus encore, cette étude de 2017 plaçait le Maroc à la première position quant au nombre de spas (1 785). A eux seuls, les spas ont engrangé, cette année là, 2,4 milliards de dirhams des rentrées financières et employaient 13 700 personnes. 

Avec cette crise, les professionnels du secteur pensent y voit tout de même un mal pour un bien qui leur a permis de se souder et faire germer l’idée de créer une association professionnelle, nous annoncent-ils.