Vidéo. Casablanca: plongée au cœur d’une maison de personnes âgées

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Ouverte en 2009, la maison de personnes âgées Ennassim, située au quartier Sidi Maârouf à Casablanca, accueille 34 bénéficiaires originaires de tout le Maroc. Immersion. 

Gérée par l’Association marocaine pour la protection de l’enfance et de la famille (elle-même créée en 1989), la maison de personnes âgées Ennassim est née grâce aux subventions de l’INDH (Initiative Nationale pour le Développement Humain), dans le cadre du programme de lutte contre la précarité au profit de huit catégories sociales en situation précaire dont les personnes âgées démunies.

La « dar moussinine » d’Ennassim vit également grâce aux ressources provenant de l’Entraide nationale qui a financé la construction du bâtiment et qui rembourse à l’association les salaires de deux membres du personnel (sur un total de treize membres).

Près de 20% de la population a plus de 60 ans et on assiste à une augmentation de 4% de cette tranche d’âge chaque année, selon les derniers chiffres du cahier des charges du ministère de la Famille, de la Solidarité, de l’Egalité et du Développement social. C’est dire le caractère essentiel et la nécessité d’avoir de plus en plus de structures adaptées aux personnes âgées.

 

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Les maisons de personnes âgées: un besoin grandissant

« Il ne faut pas confondre maison de retraite et maison de personnes âgées », insiste le directeur d’Ennassim, Ahmed Sfa. Gratuites, les maisons de personnes âgées accueillent les bénéficiaires selon certains critères sociaux. Inversement, pour intégrer une maison de retraite, il faut avoir les moyens de payer la pension.

Ainsi, pour s’inscrire en tant que bénéficiaire dans une maison de personnes âgées, la personne doit avoir entre 60 et 80 ans et ne présenter ni revenu, ni ressource, ni domicile. « Rares sont les personnes âgées seules ou sans abri qui bénéficient d’une retraite ou de moyens convenables de subsistance, donc à travers le programme de l’INDH, l’Etat offre des solutions pour les sortir de la rue », explique le directeur.

 

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Avec la croissance démographique et le vieillissement de la population, les besoins en établissements se font de plus en plus ressentir. A l’heure actuelle, Ennassim est complète et 90 personnes sont en liste d’attente, informe Sfa. « Jusqu’à présent, la capacité de 34 n’est pas suffisante pour ce quartier et même un quartier en général », explique-t-il.

De nombreuses activités pour compenser l’intégration difficile des bénéficiaires

Chaque bénéficiaire arrive dans la maison avec son histoire, ses difficultés. Au départ, l’intégration est un peu délicate, explique le directeur. « La méfiance règne quand il y a un nouveau bénéficiaire », poursuit-il. « C’est très difficile pour les bénéficiaires de s’intégrer entre eux car ils ont des histoires différentes et sont issus de toutes les régions du Maroc ».

Au quotidien, les personnes âgées n’ont pas le temps de s’ennuyer. De nombreuses activités sont proposées chaque jour, fêtes, goûters, animation musicale, sorties en forêt ou à la plage…la plupart offertes par des bienfaiteurs.

Des activités qui redonnent le sourire aux bénéficiaires qui n’ont pas tous des familles ou des proches qui leur rendent visite. A ce propos, l’association travaille sur un programme de médiation et d’insertion familiale, le but étant de réinsérer les bénéficiaires dans leur famille avec possibilité d’aides de l’association à domicile (médicaments, couches, etc.).

Trouver du personnel qualifié: un casse-tête dans le secteur

Tout est bien entretenu et propre dans cette maison sur deux étages (un 3e étage est en cours de réflexion). Quand on demande à Ahmed Sfa, directeur de l’établissement, les difficultés rencontrées, il confie tout de même qu’il est malaisé de trouver des auxiliaires de sexe masculin, qualifiés et volontaires pour s’occuper des hommes bénéficiaires qui ne sont plus en mesure de se laver eux-mêmes.

Deux hommes sont alités à Ennassim, et pour s’en occuper l’établissement alterne entre des étudiants qui acceptent le travail et le surveillant général qui s’acquitte de cette tache en cas de nécessité. « Chaque jour, des femmes demandent à travailler chez nous, mais les hommes, c’est rare ».

Niveau financement, 60% des charges de la maison Ennassim sont amorties par l’association et les dons de bienfaiteurs, et les 40% restants le sont par l’Entraide nationale et des subventions ministérielles. L’Entraide nationale paye quant à elle le magasinier et une convention avec le supermarché Marjane permet à Ennassim de s’approvisionner en denrées alimentaires. Très organisée, l’établissement fait le suivi rigoureux des inventaires et des factures.