Vidéo. Au cœur du CHU de Casablanca (3/4): la réanimation des patients covid-19 graves

Au 30 avril dernier, le bloc opératoire comptait trois patients atteints du covid-19 dans un état sévère. Huit patients dans un état critique étaient traités dans une autre salle de réanimation.

H24Info a retracé à travers quatre reportages au sein du CHU de Casablanca, le parcours du patient covid-19, de son arrivée aux urgences, en passant par la réanimation, et jusqu’à sa sortie par le service d’endocrinologie. Dans ce troisième épisode, nos reporters vous font découvrir le service de réanimation, étape centrale au sein du CHU Ibn Rochd qui ne prend en charge que les cas graves de covid-19. 

« On se préparait à la catastrophe. C’était notre vision de départ, car Casablanca est une grande ville très dense », explique Pr. Lahoucine Barrou en nous montrant les huit ailes converties en services de réanimation, actuellement vides, pour anticiper une éventuelle hausse des cas graves. « C’est seulement pour ne pas se retrouver dépassés par les événements. Pour l’instant, on n’en utilise qu’une, à savoir le bloc opératoire », poursuit le chef de service de la réanimation chirurgicale au CHU Ibn Rochd.

Le bloc opératoire du CHU est mobilisé pour la gestion des patients covid-19 dans un état sévère. Il se compose de 10 lits de réanimation avec respirateur, moniteur, et tout le matériel de réanimation nécessaire.
Ici, une salle de réveil du bloc opératoire réaménagée en salle de réanimation. Au 30 avril dernier, le bloc opératoire comptait trois patients atteints du covid-19 dans un état sévère. Huit patients dans un état critique étaient traités dans une autre salle de réanimation.
Toujours dans une vision anticipative, un autre service de chirurgie est actuellement en chantier pour devenir aussi un service de réanimation.
Il sera composé de cinq salles de six lits chacune, réservées aux cas de réanimation des patients covid-19.

La force d’anticipation et de préparation du service de réanimation du CHU Ibn Rochd est d’autant plus rassurante que Pr. Barrou confirme la baisse actuelle des cas graves de covid-19, ainsi que la diminution de la mortalité liée à ces cas. Le jour de notre reportage, seulement trois patients covid-19 étaient dans un état sévère et huit dans un état critique. Pr. Barrou précise qu’il n’y a jamais eu plus de 12 cas graves enregistrés simultanément dans son service.

Après deux à trois semaines de séjour en réanimation, les patients sont transférés dans un service de soins intensifs où ils vont rester encore une quinzaine de jours. « Tout dépend de la négativité », éclaire Pr Barrou, c’est-à-dire que pour être déclaré guéri, un patient doit être testé négativement au covid-19 deux jours de suite. Ce service accueille ainsi les patients devenus autonomes, dont l’état s’est amélioré, mais qui ne sont pas encore guéris. Il prend en charge également les malades qui relèvent uniquement des soins intensifs, dont l’état n’est pas -encore- suffisamment grave pour nécessiter un transfert en réanimation. « Mais pour la plupart, il s’agit de malades qui sortent de la réanimation », précise le chef de service.

Le service des soins intensifs se compose de deux ailes avec une capacité de 40 lits.
Au 30 avril, seulement six patients covid-19 séjournaient au service des soins intensifs.
Le personnel soignant communique avec les patients via un système de vidéosurveillance.
Une patiente atteinte du covid-19 reçue en soins intensifs.
Pour éviter tout risque de contamination au sein du service des soins intensifs, une ligne jaune tracée sur le sol du couloir distingue une zone « sale » d’une zone « propre ». Lorsque le personnel soignant souhaite entrer dans la zone dite sale (chambres des patients covid-19), il doit procéder au protocole d’habillage et de déshabillage, de même lorsqu’il retourne en zone dite propre.

Comme au service des urgences, la situation semble sous contrôle au service de réanimation du CHU Ibn Rochd. Pendant notre tournage, nous passons devant une salle remplie d’un stock de respirateurs non utilisés. « Nous avons suffisamment de respirateurs pour le moment« , commente Pr Barrou. L’interrogeant au sujet de la panique médiatique suscitée par l’éventualité du manque de ces machines, le professeur répond: « On a trop résumé le besoin de ces malades à un lit d’hospitalisation et à un respirateur. Or, c’est complètement faux. Il y a d’abord l’humain, les soins humains, et les spécialistes qui peuvent faire fonctionner correctement ces machines ».

Une fois déclaré guéri, le patient ira séjourner quelques jours en service d’endocrinologie pour une convalescence sous forme de rééducation physique, psychologique et nutritionnelle. En effet, 80% des cas sévères à critiques de covid-19 sont diabétiques, d’où l’importance du séjour en endocrinologie pour notamment (ré)apprendre à calculer le compte glucidique des aliments.