Vidéo. Au cœur du CHU de Casablanca (2/4): Pr. Marhoum fait le point sur le covid-19 au Maroc

Pr. Marhoum, chef de service des maladies infectieuses au CHU Ibn Rochd, à Casablanca.

H24Info a retracé à travers quatre reportages au sein du CHU de Casablanca, le parcours du patient covid-19, de son arrivée aux urgences, en passant par la réanimation, et jusqu’à sa sortie par le service d’endocrinologie. Dans ce deuxième épisode, nos reporters marquent une étape au service des maladies infectieuses. Quel est le bilan actuel du traitement à la chloroquine? A-t-on déjà atteint le pic de l’épidémie au Maroc? Pourra-t-on développer une immunité contre ce virus? Pr. Marhoum fait le point.  

En complément de cette interview vidéo, nous avons demandé au professeur quels étaient les traitements qui pouvaient être prometteurs actuellement, hormis la chloroquine. En ce moment, on entend beaucoup parler de deux médicaments en particulier, le Tocilizumab et le Remdesivir. Voici l’avis du professeur Marhoum :

« Le Tocilizumab est le médicament qui semble être assez prometteur actuellement. Il a déjà été essayé sur quelques patients en Chine. Il agit en s’attaquant aux substances qu’on appelle des cytokines qui font partie de la réaction inflammatoire que va développer notre organisme lorsqu’il est envahi par le virus. Malheureusement, dans cette maladie, c’est cette réaction qui devient explosive et qui va risquer de tuer le patient, c’est un moyen de défenses, mais qui dépasse son but. Ce médicament va agir en inhibant certaines interleukines (substances), c’est un anti-interleukines 6, et en les inhibant, on tente de réduire la réaction inflammatoire et donc ce risque de réaction inflammatoire explosive qui risque de tuer le patient. On parle beaucoup actuellement du dernier essai français qui a montré un certain intérêt à utiliser ce produit. Je crois que ce produit va être utile pour les formes graves, ça permettrait de réduire les risques d’aggravation en bloquant cette réaction inflammatoire.

Le Remdesivir est un antiviral développé par un laboratoire américain qui l’a déjà essayé pour le virus Ebola avec des résultats qui ne sont pas extraordinaires. C’est un produit utilisé aussi pour certains patients ayant le covid-19 en Europe et en Chine (très peu). Un essai clinique multicentrique a été mené auprès de patients aux Etats-Unis, mais également au Canada, au Japon et dans d’autres pays, et les résultats s’apparentaient à ce que je qualifierais d’une amélioration, sans plus. Mon impression personnelle, c’est que ce n’est pas suffisamment probant. Peut-être qu’il faudrait le donner à plus de personnes pour avoir une idée plus précise, d’autant plus qu’il a été utilisé surtout sur des personnes dans un état sévère. Peut-être qu’en le donnant à des personnes dans un état bénin ou modéré, cela donnerait un meilleur résultat.

En tout cas, si je dois classer ces deux médicaments, le premier serait plus intéressant actuellement que le second. »