Vidéo. Ait Taleb: «La situation reste sous contrôle malgré l’inquiétude»

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Capture d'écran 2M

Invité sur Radio 2M dans l’émission « Faites entrer l’invité », le ministre de la Santé, Khalid Ait Taleb, a répondu à divers questions concernant la gestion de la pandémie du covid-19 au Maroc.

Chloroquine, vaccin, deuxième vague, respirateur artificiel…le ministre de la Santé est revenu cet après-midi dans une interview sur Radio 2M sur tous ces sujets actuellement au cœur des préoccupations de la société marocaine. « Le Maroc est toujours dans le continuum de la première vague. (…) Au moment de la levée progressive du confinement, il y a eu ce phénomène de rebond. On s’y attendait. Mais la situation reste sous contrôle malgré l’inquiétude», a assuré le ministre à la journaliste Fathia Elaouni. 

Le Maroc dispose de « 1.833 lits dédiés dont 280 lits occupés » actuellement, a rassuré le ministre, déclarant que la valeur d’alerte est de 65% de taux d’occupation. De plus, le taux de létalité est de 1,8%, soit un taux « bas » a-t-il commenté. « Il est vrai que le nombre de cas positifs inquiète mais pas ceux des décès et de cas graves. (…) Toutefois, on ne peut pas connaître l’ampleur d’une deuxième vague et en cas de deuxième flambée, les pays seront dépassés rapidement, y compris le Maroc », a-t-il modéré.

Il a confirmé que le Maroc n’avait jamais « connu de rupture de tests » PCR. Concernant les tests 100% marocains, ils « sont passés par un certain nombre d’essais techniques » avant validation, explique le ministre à Fathia Elaouni qui souligne que beaucoup avaient critiqué « l’annonce en grande pompe en mai dernier » de ces tests sans pour autant être disponibles sur le marché.

« Je pense que ce test aura au début un prix abordable, pas tout de suite moins cher car il faut du recul (…) et la production, main d’œuvre, (etc.) a quand même un certain coût », a dit le ministre de la Santé.

Comme les tests, les respirateurs artificiels 100% marocains sont en train d’être testés pour être « validés, enregistrés et autorisés ». « On ne peut pas concevoir un respirateur rapidement et le mettre en utilisation, il faudra le sécuriser et vérifier sa longévité », a expliqué le ministre. Cela « demande du temps et plusieurs étapes, comme les essais cliniques sur les animaux, puis sur l’humain, les tests de solidité et de sécurité… ».

Le ministre a d’autre part expliqué le choix du Maroc de maintenir le traitement à base de chloroquine malgré la suspension des essais cliniques de l’OMS sur cette molécule. L’OMS « a suspendu les essais cliniques mais pas arrêté le protocole », commente-t-il. « Chaque pays a sa souveraineté », a-t-il rappelé, et « la prescription d’un médicament revient au médecin ».

« La chloroquine avait fait ses preuves dès le démarrage de la riposte anti-covid », renchérit-t-il, rappelant son efficacité surtout quand elle est prise au début de l’infection. « Elle permet de réduire la charge virale à partir du cinquième jour et rendre le malade non contagieux ».

Entre temps, le royaume, sous la conduite du roi Mohammed VI, a signé des conventions avec deux laboratoire chinois et britanno-suédois pour que les Marocains puissent bénéficier de la vaccination dès la fin des essais cliniques. «C’est la première fois dans l’histoire du Maroc qu’on fait des essais cliniques vaccinaux. Ce processus permet un transfert d’expertise, (…) d’avoir le cœur net sur l’innocuité et l’efficacité du produit (…) et de rentrer dans un partenariat durable», a expliqué Ait Taleb.

Enfin, Ait Taleb a averti quant à l’arrivée de la période hivernale. « Maintenant, la question qui se pose et qui reste en suspens est en lien avec la saisonnalité de l’épidémie et la grippe saisonnière, surtout avec l’inquiétude pour ce dernier trimestre », a-t-il soulevé, rappelant par la même occasion que la campagne antigrippale qui commence mi-octobre inclura « des vaccinations en masse pour les personnes vulnérables et les professionnels ».