Tropic, le volcan à l’origine de la discorde entre Madrid et Rabat ?

Le volcan Tropic se trouve aux sud-ouest des îles Canaries, à l’ouest du Sahara et au nord du Cap Vert.DR

La promulgation de deux projets de loi, revoyant l’espace maritime marocain, continue de faire parler d’elle. L’origine de la discorde entre Rabat et Madrid aurait un nom selon les spécialistes, il s’agit de «Tropic», un volcan ou mont sous-marin, aux richesses inestimables.

La Maroc a enfin enclenché le pas pour reprendre le contrôle sur l’ensemble de son espace maritime. Une action qui n’a cependant pas fait que des heureux, car du côté espagnol l’heure est à l’indignation face à une décision jugée «unilatérale» et même «expansionniste» pour les plus à gauche.

Au cours des dernières années, multiples ont été les tentatives enclenchées par les deux pays, mais aucun n’avait eu gain de cause. La dernière du côté espagnol date de 2014, lorsque le pays ambitionnait  d’étendre son domaine marin sur 350 milles. D’ailleurs, le dossier est toujours en cours d’examen par les instances de l’ONU. De son côté, le Maroc a statué au niveau interne et a fait passer deux projets de loi instituant son domaine sur 300 milles nautiques.

 

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Ces quelques milles disputés par les deux pays, englobent une région riche, sous laquelle se cache un trésor enfoui, le fameux volcan Tropic, se trouvant aux sud-ouest des îles Canaries, à l’ouest du Sahara et au nord du Cap Vert. Contacté par H24Info, Professeur Haissen Faouziya du département de géologie de l’Université Hassan 2 de Casablanca, précise que malgré cette dénomination il s’agit plus exactement d’un «paléo-volcan, c’est-à-dire une montagne sous-marine qui fait partie de l’archipel des Canaries».

En effet, ce mont sous-marin se trouve au sud de l’île El Hierro ou île du Méridie faisant partie de l’archipel espagnol, mais c’est exactement à 269 milles au sud que celui-ci se trouve, et à 290 milles des côtes atlantiques.

Une poule aux œufs d’or

«Une étude géologique menée récemment par une équipe de géologues brésiliens, anglais et espagnols a mis l’accent sur la richesse de ce volcan en cobalt et d’autres minerais très convoités pour les énergies vertes», affirme la spécialiste.

Le cobalt qui s’y trouve représente plusieurs milliers de tonnes, précise cette recherche et donc plusieurs millions de dollars. En effet, au cours des dernières années le prix de ce métal, essentiel pour la fabrication des batteries de téléphones et de voitures électriques, entre autres, a grimpé en flèche, passant à plus de 90 000 dollars la tonne.

 

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De son côté Mohamed El Jarmouni, ingénieur géologue de l’Ecole Nationale Supérieure de Géologie de Nancy, nous explique que «le Maroc dispose des huitièmes réserves mondiales, grâce notamment à la mine Bou-Azzer», qui se trouve non loin d’Ouarzazate, et qui est opérationnelle depuis 1928.

Toutefois, nous sommes face à un épuisement de nos ressources continentales, explique le chercheur. «Les mines se vident petit à petit, et les scientifiques et spécialistes cherchent de nouvelles alternatives, parmi lesquelles on trouve le recyclage et l’exploration des fonds marins», enchaîne-t-il.

Néanmoins, le droit international ne permet pas d’exploiter les minerais se trouvant dans les fonds marins. «Aucun pays ne fait d’extraction officiellement, car cela perturberait gravement la biodiversité dans ces écosystèmes », explique Mohamed El Jarmouni, qui souligne que la technologie le permettant est toujours en cours de développement.