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    Numéro dépôt légal : ص 2018/22

    Le système d’agréments pour les taxis n’est pas en faveur des chauffeurs et favorise une économie de rente au sein du secteur. Les problèmes qui en découlent bloquent le renouvellement de la flotte. 

    Les dix dernières législatures sous la houlette du PJD n’ont pas été en faveur de la profession des taxis. Malgré des promesses, rien n’a été mis en place pour améliorer les conditions de travail et de vie des chauffeurs, constate L’Economiste dans son édition du jour. En cause? Principalement le système d’agréments qui a entravé le renouvellement de la flotte.

    Avec un budget alloué de 4 MMDH, le dispositif de renouvellement des véhicules a été accompli à 54% à l’échelle nationale, soit 85% des nouveaux véhicules rien que sur la région de Casablanca-Settat. Dans cette région, à peine 9% des déplacements s’effectuent en petits ou grands taxis. Une faible part qui s’explique selon le journal par les limites du pouvoir d’achat des usagers, ainsi que l’existence d’alternatives telles que le bus et le tramway.

    C’est le dernier avis sur la mobilité durable du Conseil économique, social et environnemental (CESE), intitulé « Vers des moyens de transport durables et accessibles » paru la semaine dernière qui rapporte ces données. « La majorité des déplacements de la région la plus peuplée du Maroc (20% de la population), avec le PIB le plus élevé (30%), se font à pied (à peu près 62%), la part des transports en commun (autobus et tramways) s’élève à 12%, elle est de près de 13 % pour les voitures individuelles et de 9% pour les taxis », lit-on dans l’avis du CESE.

    Ce dernier préconise le développement d’un système intégré de la mobilité durable qui vise notamment à améliorer l’accessibilité pour tous les citoyens à des moyens de transport en commun durables et développer des infrastructures rurales durables, limitant ainsi la dépendance au véhicule particulier et réduisant les fractures spatiales et sociales.

     

    Lire aussi : Bonnes feuilles. « Maroc, où vas-tu? », le carnet de voyage dans les taxis de Nihed El Baroudi

     

    Il vise également à réformer le système de gouvernance des taxis, en le professionnalisant et en étudiant
    sa possible libéralisation. En effet, le système d’agréments donne lieu à toutes sortes de dérives causées par les différents intermédiaires qui favorisent une économie de rentes. C’est pour cette raison que les représentants de la profession plaident pour une attribution de l’agrément directement au chauffeur de taxi, « et non plus à des privilégiés ».

    Aziz Dahbi, président du Syndicat démocratique et social du transport et des chauffeurs, explique que les agréments « se négocient aujourd’hui à 300.000 DH ». « S’y ajoute un loyer mensuel versé par l’exploitant de l’agrément et qui varie entre 2.500 et 3.000 DH. Sans oublier la part de la recette, entre 300 et 350 DH par jour, versée par le chauffeur », indique le représentant syndical à nos confrères.

    Un autre problème qui gangrène la bonne gouvernance du secteur: le statut de la licence des personnes décédées. A Casablanca, plus de 1.000 bénéficiaires décédés sont enregistrés. Des conflits quant au choix du successeur de la licence sont réguliers. Un héritage qui constitue une « aberration » puisqu’en principe l’autorisation doit être exploitée par son titulaire et non par une tierce personne.

    « Le système d’octroi des agréments manque de transparence, sans oublier la pratique de transfert non officiel du droit de jouissance entre personnes qui empêche l’identification du véritable détenteur », met aussi en exergue l’avis du CESE.

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