Vidéo. Syrie: plusieurs djihadistes marocains et leurs proches dans la nature

Plusieurs Marocains, membres de l’organisation Etat islamique (EI) ou d’autres groupuscules djihadistes, se seraient enfuis d’une prison dans le nord-est de la Syrie, suite à l’intervention militaire de la Turquie. De quoi relancer l’épineux dossier du retour des épouses et des enfants de ces djihadistes morts ou en fuite. 

 

La Turquie s’est lancée dans une rude offensive contre les milices arabo-kurdes dans le nord-est de la Syrie. Un grand nombre de djihadistes, dont plusieurs Marocains détenus par les Kurdes, ont tiré leur épingle du jeu.

Il y a quelques semaines, le président Donlad Trump avait ordonné le retrait des soldats américains opérant dans le nord de la Syrie avec les forces démocratiques syriennes contre Daech. La Turquie n’a pas tardé à bouger et s’est lancée dans une rude offensive contre une région dominée par les milices arabo-kurdes.

Plusieurs groupes rebelles soutiennent l’offensive turque et ce sont en grande majorité des djihadistes appartenant à des organisations islamiques comme Daech, ou encore Al Qaida. Ces derniers, qui étaient prisonniers chez les Kurdes, ont tiré profit de la situation pour s’évader.

800 Djihadistes ont réussi à s’enfuir, rapporte Akhbar Al Yaoum dans son édition du mardi 15 octobre. Le journal affirme que, suite aux attaques turques contre le nord de la Syrie, plusieurs djihadistes marocains et leurs familles emprisonnés par les Kurdes se sont enfuis vers des destinations inconnues. Leur retour au royaume est donc possible. Aucune information au sujet de leur emplacement actuel n’a filtré depuis mardi dernier.

 

 

« Plusieurs femmes marocaines et leurs enfants vivent un cauchemar dans les camps de détention et des réfugiés dans le nord-est de la Syrie. C’est le chaos total après l’offensive des Turques. La situation est devenue de plus en plus tendue, surtout après l’évasion d’un grand nombre de jihadistes. Ces derniers vont rassembler leurs rangs et Daech pourrait faire son retour prochainement »,  indique Mohamed Benaissa, président de l’Observatoire du Nord pour les droits de l’Homme.

 

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Pour sa part, Aberahmane El Mekaoui, expert des questions sécuritaires et militaires, a également déclaré au journal arabophone: « Ce qui est à craindre dans cette bataille entre les forces turques et kurdes, c’est que près de 800 jihadistes se sont enfuis avec leurs épouses et leurs enfants vers le Kurdistan, l’Iraq et d’autres destinations. Parmi ces derniers on retrouve plusieurs Marocains, Français, Allemands, Britanniques, Libyens, Tunisiens… »

Les femmes et les enfants d’abord

Le chef du Bureau central d’investigation judiciaire (BCIJ), Abdelhak El Khayam, avait déclaré que le nombre des Marocains ayant pris part au conflit armé en Syrie avoisine les 1600 personnes, dont 200 sont rentrés au Maroc.

Les Marocains qui se sont évadés récemment, profitant de l’offensive de la Turquie, ne sont pas tous des Djihadistes. Il y a beaucoup d’enfants orphelins et de femmes veuves qui doivent être rapatriés.

Toutefois, l’Observatoire du Nord pour les Droits de l’Homme avait annoncé que le Maroc refuse de rapatrier les veuves et les orphelins des jihadistes marocains en Syrie. Ils seraient près de 200 personnes et certains sont toujours dans les camps des réfugiés sous l’autorité des Kurdes, tandis que d’autres sont en cavale et risquent capitale s’ils partent en Iraq.

D’après les informations d’Al Massae, les autorités marocaines avaient informé les forces démocratiques syriennes que le royaume ne souhaite pas le retour des Marocaines et leurs enfants.

Cependant, Abdelhak El Khayam, avait déclaré que les Marocains seront rapatriés et jugés selon la loi marocaine qui punit toute personne qui intègre une quelconque organisation jihadiste.

Par ailleurs, El Khayam considère que les femmes qui se trouvant dans ces camps de détention ne sont pas forcément des djihadistes, mais elles accompagnent seulement leurs maris partis combattre aux zones de confit.

Ces femmes de djihadistes, ainsi que leurs enfants, bénéficieront de mesures particulières. Elles ne sont pas interrogées jusqu’à leur retour au pays et profiteront ensuite d’un programme de réintégration sociale afin de les réinsérer dans la société.