Stationnement: la fin du sabot menace Rabat Parking de faillite

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Rien ne va plus pour Rabat Parking. La SDL, chargée d’organiser le stationnement dans la capitale, vient d’être épinglée par la Cour des comptes dans un rapport accablant. En cause: la mauvaise gestion du secteur ainsi qu’un train des dépenses non maîtrisé malgré la dégradation de la santé financière.

La gestion du stationnement de la ville de Rabat a été abordée lors de la deuxième réunion du Conseil de la ville. Les élus locaux se sont en effet penchés sur le rapport de la Cour régionale des comptes de Rabat-Salé-Kénitra qui pointe du doigt les dysfonctionnements dans le secteur géré par la SDL Rabat Parking rapporte L’Economiste dans son édition du 17 mai.

Les magistrats de Zineb Al Adaoui critiquent ainsi la gestion de la SDL qui a vu sa situation financière se dégrader méchamment au point de menacer sa pérennité. Selon le rapport, le chiffre d’affaires de Rabat Parking a été amputé de plus de 37% en à peine 4 ans passant ainsi de 21,5 millions de dirhams en 2014 à 14,1 millions de dirhams en 2018.

Selon le management de la SDL, cette baisse drastique s’explique par l’arrêt de la verbalisation par le sabot. En effet, à partir de mars 2015, le processus de verbalisation a été caractérisé par un ralentissement suite à un manque d’implication de la police administrative avant d’être purement et simplement abandonné suite à une décision de la commune de Rabat qui a suspendu la verbalisation par sabot à partir de janvier 2017, précise le quotidien.

 

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Une décision qui expliquerait à elle seule la disparition de 7 millions de dirhams de recettes tente d’expliquer la SDL qui souligne que le stationnement en voirie était la principale source de revenus.

Cette explication n’a toutefois pas convaincu la Cour des comptes qui impute à la SDL l’entière responsabilité notamment concernant ses choix de gestion et sa rentabilité en lui reprochant de s’être contenté de la gestion du stationnement payant sur les voies publiques au lieu de penser à d’autres alternatives à travers les parkings en ouvrage tel que prévu par les documents contractuels.

Autre grief reproché par les magistrats à Rabat Parking, la non maîtrise de ses dépenses notamment celles du personnel. En effet, malgré la baisse du chiffre d’affaires, le directeur général de la SDL a continué à recevoir des primes dont le montant augmentait d’une année à une autre. Selon le rapport de la Cour régionale des comptes, la rémunération mensuelle moyenne du directeur est ainsi passée de 41.000 dirhams en 2012 à 86.000 dirhams en 2018.

À noter que la Cour des comptes fait également porter la responsabilité de l’échec de la gestion du stationnement à la Commune de Rabat, car elle n’a pas usé du pouvoir dont elle dispose pour assurer le suivi et le contrôle du service et prendre les mesures nécessaires suite aux manquements du délégataire. D’ailleurs, ajoute le rapport, aucun contrôle n’est assuré par la Commune sur l’ensemble des parkings existants sur son territoire qui sont gérés par d’autres intervenants.