Sortie du territoire, déplacements hors des villes… les autorisations falsifiées se multiplient à l’heure du covid

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La pandémie du coronavirus a suscité de nouvelles contraintes administratives: autorisations de déplacement, conditions de sortie ou d’accès aux différents pays du monde, etc. Avec le lot de contournements potentiels qui l’accompagnent… 

Qui dit nouvelles contraintes administratives dit usage probable de faux documents pour les contourner. Après avoir constaté la multiplication de voyageurs marocains se faisant passer pour des patients ou des hommes d’affaires, les autorités françaises ont renforcé le contrôle aux frontières, rapporte ce jour nos confrères de Médias24.

« Sachant qu’avec un scanner, il est très simple de dupliquer ou de fabriquer un faux rendez-vous médical ou professionnel, les agents de la PAF procèdent de plus en plus à des vérifications pour voir s’il s’agit de fausses attestations en prenant la peine d’appeler le médecin ou la société en question », explique une source au ministère des Affaires étrangères français contactée par le média.

Pour rappel, les frontières européennes restent actuellement fermées aux pays « présentant un risque élevé d’infection » parmi lesquels on retrouve le Maroc, sauf pour ce qui concerne les cas de visa étudiant, les conjoints de Français ou les urgences médicales ou commerciales qui doivent être justifiées. Et ce caractère urgent n’était pas toujours attesté.

« Les autorités ont par exemple dû refouler des personnes qui avaient rendez-vous avec leur dermatologue à Paris, alors que ce n’est pas une urgence, comme une opération chirurgicale. (…) Sachant que le caractère d’urgence doit être prouvé, les hommes d’affaires doivent s’adresser au consulat français ou aux chambres de commerce qui leur délivrent un laissez-passer exceptionnel », explique la même source.

 

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Pour rappel, les frontières marocaines sont fermées depuis le 20 mars dernier. Depuis la mi-juillet, le Maroc a mis en place des vols spéciaux et autorisé certaines liaisons maritimes afin de permettre à certaines catégories de personnes d’entrer et sortir du territoire.

Ainsi, les vols au départ du Maroc sont ouverts aux MRE et à leurs familles, aux étrangers résidant ou non résidant au Maroc et à leurs familles, aux étudiants marocains inscrits dans des universités à l’étranger, et aux femmes et hommes d’affaires ainsi qu’aux citoyens contraints de se rendre à l’étranger pour les soins médicaux, à condition de disposer d’une autorisation exceptionnelle émise par la préfecture de leur province.

Dans l’autre sens, les voyageurs autorisés à entrer au Maroc sont les Marocains bloqués à l’étranger, les résidents étrangers au Maroc ainsi que les MRE et leur famille.

Depuis le 6 septembre, les citoyens étrangers justifiant d’une mission de travail officielle (pièce justificative fournie par l’établissement hôte) peuvent également entrer sur le territoire marocain. « Cette pièce justificative devra être cachetée par l’entreprise et signée par un responsable avec toutes les informations concernant le voyageur (numéro de passeport, RC, objet de la visite, lieu d’hébergement, etc.) » lit-on sur le site de France Diplomatie. Seconde catégorie de visiteurs acceptée: les étrangers non soumis aux formalités de visa et disposant d’une réservation confirmée dans un hôtel.

Il faut souligner que ces deux allégements concernent uniquement les visiteurs étrangers au Maroc, et non réciproquement les visiteurs marocains à l’étranger, notamment en France ou en Europe, où les cas de faux justificatifs ont pu être constatés.

Par ailleurs, la DGSN a récemment communiqué sur des cas de trafic d’autorisations exceptionnelles de déplacement à présenter obligatoirement pour sortir ou entrer dans une ville isolée dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire. A Casablanca, dans le quartier de Sidi Bernoussi, un individu d’une cinquantaine d’années a été placé en garde à vue après avoir été surpris en flagrant délit de vente de 43 copies de l’autorisation exceptionnelle de déplacement délivrée par les autorités publiques.