Les gardiens de voitures, ces « machines à cash » qui rackettent au quotidien les Marocains

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Il suffit de garer sa voiture dans n’importe quelle ruelle et vous les verrez surgir de nulle part. Il s’agit des gardiens de voitures qui sévissent dans toutes les rues des villes marocaines, en l’absence de base légale pour organiser cette activité devenue le gagne-pain de plusieurs familles marocaines.

Dans les points névralgiques de la ville ou au cœur d’une zone résidentielle paisible, les automobilistes ne sont plus à l’abri du harcèlement des gardiens des voitures. «Parfois, cela me parait invraisemblable. Je pars chez le boulanger pour chercher une baguette et je dois payer au même prix de mes achats le stationnement pour deux ou trois minutes», regrette Mohamed, père de famille qui assure que le comportement de certains gardiens est violent ou du moins intimidant.

«Ils n’arrivent généralement qu’au départ des voitures. Quand tu quittes ta place de stationnement, ils viennent en courant alors que quand tu veux stationner, personne n’est là pour vous aider », poursuit notre interlocuteur,  regrettant ce racket qui ne dit pas son nom. Qui en sont les auteurs ?, sur quelle base légale ils exercent cette activité qui échappe au tout contrôle.

 

La commune et l’anarchie

 

Pour mettre fin à la cacophonie qui règne en maître dans cette activité, les communes essayent de remettre dans l’ordre afin de mettre fin à l’anarchie. «On ne peut pas dire qu’on a la possibilité de règlementer tout le secteur. Ça reviendrait à accorder deux autorisations d’utilisation de chaque rue. Une pour la journée et l’autre le soir et le tout devra être validé par les représentants des habitants», nous déclare Mohamed Tajmouni, élu de la majorité à la commune de Mers Sultan.

Pour lui, les autorisations pour les gardiens sont accordées par les communes, mais n’est pas autorisée à faire du gardiennage toute personne qui porte un gilet. «En principe, les gardiens des jours commencent à travailler plusieurs mois avant de venir se déclarer auprès des communes. Ils ne viennent pas obtenir des autorisations, mais seulement régulariser leur situation et la commune ne peut que valider. Si elle refuse, rien ne changera parce que le gardien peut continuer à travailler. Notre rôle est de donner des autorisations, mais on ne peut pas priver qui que ce soit de faire du gardiennage», ajoute notre source.

Pour ce qui est des gardiens du soir, la commune peut refuser la demande d’ autorisation et interdire ainsi à un gardien d’exercer dans un endroit précis. «Chaque gardien se doit d’avoir la signature de plusieurs habitants de la rue dans laquelle il souhaite travailler», nous informe Tajmouni qui se réjouit du travail effectué avec les gardiens de nuit et souhaite le reproduire pour les gardiens du jour.

Un discours plus proche de la démagogie que de la réalité, puisqu’en pratique, personne n’a jamais demande l’avis des habitants, et il n’existe aucune représentation de ces derniers pour faire entendre leurs voix auprès des communes.

 

Les parkings, la machine à cash

 

Les communes délèguent au Conseil de la ville la gestion de leurs places de parking qui les cèdent, à son tour, à des entreprises et à des sociétés qui installent des horodateurs. «Je préfère cette option à l’anarchie et aux rackets que nous infligent les gardiens de parking», nous confie l’élu local qui avance les rentrées d’argent importantes qu’engendre cette délégation des parkings. Mais face aux abus, il est arrivé au conseil de la ville de Casablanca de réagir.

«Nous avons fixé les prix à Ain Diab, qui était une zone de parking de non-droit. Des gardiens exigeaient des prix avoisinant les 20 dirhams. C’était injuste et insensé et nous y avons mis fin. Aujourd’hui, le conseil de la ville a fixé le prix à 3 dirhams et a réparti les zones de stationnement entre les gardiens», conclut le conseiller communal.