Sondage: 60% des télétravailleurs affirment être plus sollicités que d’habitude

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Le cabinet de conseil, LMS Organisation & Ressources Humaines, a récemment publié les résultats d’un sondage intitulé « Télétravail: mode passagère ou tendance lourde ». Y sont décryptés les enjeux de ce mode de travail récemment généralisé en raison de la crise sanitaire mondiale liée au covid-19.

Comment le télétravail est-il perçu et vécu par les managers et les collaborateurs aussi bien dans le secteur privé que public? Quels sont les avantages et les inconvénients de cette nouvelle pratique? Et enfin quel avenir pour le travail à distance après la crise sanitaire? Autant de questions auxquelles un échantillon d’un peu plus de 1.000 travailleurs, du secteur privé (82%) et public (18%), issus des 12 régions du royaume (90% dans l’axe Marrakech-Tanger), ont répondu en ligne, entre le 17 et le 27 avril dernier.

83% satisfaits du télétravail…

Sur les 90% des répondants déclarant être en télétravail continu (70%) ou partiel (20%), 83% se disent satisfaits de leur expérience de télétravail (soit 4/5 répondants). Une réussite qui présente des avantages pour l’employeur comme pour l’employé. En effet, 90% estiment être plus efficaces en mode télétravail. Les répondants mentionnent également le gain du temps de trajet (82%), la baisse des dépenses (71%) et la flexibilité sur les horaires de travail (67%). « Ces avantages ont un impact direct sur la qualité de vie au travail », souligne l’étude.

Cette éventuelle hausse de la productivité des travailleurs s’avère à double tranchant. En effet, le premier inconvénient du télétravail cité par les sondés est l’absence de frontière entre le bureau et la maison (77%). « L’évaporation de la frontière spatiale entre le bureau et la maison et de la frontière temporelle –avec l’intersection, voire la confusion du temps de travail et du temps personnel– pèsent sur l’équilibre personnel recherché par nos répondants », rapporte LMS.

…bien que 60% pensent travailler plus que d’habitude

Ainsi, 60% des sondés ont vu leur charge de travail augmenter. Cette réalité concerne autant les managers que les cadres et les employés. Parmi eux, 40% signalent une augmentation palpable de leur activité (<20%); 37%, une augmentation substantielle (entre 20 et 50%); et 23%, une augmentation très importante (>50%). « Il est important de signaler que ce constat n’est impacté ni par le secteur d’activité (privé/public), ni par le statut ou par le nombre d’enfants téléscolarisés », précise le sondage. Ces chiffres remettent en question le dogme selon lequel productivité et présence physique sur site des salariés sont automatiquement corrélées.

Dans le sillage de la confusion entre temps personnel et temps réservé au travail, 60% des répondants déplorent un impact conséquent du télétravail sur leur temps personnel (45% impactés, 33% très impactés). De plus, 82% des répondants les plus impactés par le télétravail ont au moins un enfant. Globalement, 54% jugent avoir moins de temps personnel.

Autres inconvénients mis en avant: la perte de contact avec les collègues (77%) et la perte de la culture d’entreprise (56%). Bien que la régularité des échanges entre collaborateurs soit maintenue via les canaux digitaux (44% assistent à une réunion au moins une fois par jour), « le contact regretté dans ce cas-là serait humain et physique » avec l’installation potentielle d’un « sentiment de détachement ». Par extension, les répondants ont évoqué le risque de dilution de la culture d’entreprise, « des coutumes et des us » du bureau.

75% favorables à l’adoption du télétravail post-confinement

Enfin, la majorité des répondants (75%) envisagent positivement l’adoption du télétravail même après la période de confinement en raison des avantages précités qu’offre ce mode de fonctionnement. Seulement 1/4 des répondants se montrent réticents à la question. Pour réussir ce télétravail, 75% notent la condition de disposer des moyens matériels et techniques nécessaires (espace aménagé au domicile, bonne connexion internet, outil de travail performant). 62% relèvent le besoin de changement de mentalité, soit l’instauration d’une culture managériale spécifique au télétravail et basée sur le résultat plutôt que l’effort ou la présence. 52% impliquent la définition de repères adaptés à ce nouveau mode de fonctionnement (mise en place de charte…).

Dans ce sondage, 43% des répondants sont managers et 57% cadres et employés, répartis dans les secteurs des services (45%), industriel (24%), bancaire (13%), public (10%) et autres (8%). 1/3 des répondants évoluent dans des structures de plus de 500 personnes. 51% sont des hommes et 49% des femmes. 54% des répondants ont des enfants à charge dont 41% des enfants téléscolarisés et 26%, des enfants en bas-âge.